In#actuel

Le dernier aventurier

CultureArticle

Le dernier aventurier

Conseiller de l’usurpateur Basam Damdu, chef de réseaux criminels, ennemi juré des services secrets de Sa Majesté, pilleur de tombes pharaoniques, et j’en passe. A quoi on ajoutera: d’une élégance rare, habillé chez les meilleurs faiseurs, un porte-cigarette aux lèvres sous une fine moustache. A ces quelques traits, on aura bien sûr reconnu le plus fameux des aventuriers de la BD, véritable génie du mal. Je veux parler du colonel Olrik, dont une biographie – enfin! – est parue il y a quelques jours. Elle est due rien moins qu’à un ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine.

23 octobre 2019 5 min de lecture

CultureArticle

Portrait d’un Vaudois

Il y a dix ans, le 9 octobre 2009, disparaissait Jacques Chessex. J’étais en Inde lorsque la nouvelle me parvint. Et c’est par le truchement du net, d’hôtel en hôtel, que je suivis les hommages rendus à l’écrivain. Je connaissais bien Jacques. Un temps, je fis partie de son jury, celui du Prix Rod. A plusieurs reprises, il m’accueillit chez lui, à Ropraz, à l’occasion d’interviews. Mais surtout, entre nous, il existait un lien plus intime: ma mère avait été son institutrice à Payerne, en 1942, au moment de l’assassinat d’Arthur Bloch. Et son directeur était Pierre Chessex, père du futur romancier.

Hôtel Europe

CultureArticle

Hôtel Europe

On le sait, il n’y a pas de hasard, il y a seulement des rencontres. La scène se passe lors du festival Lire à Lausanne le 31 août dernier. Nous sommes quelques auteurs de la rentrée littéraire assis côte à côte dans l’attente du chaland. Mes deux voisins évoquent leur livre. «De quoi parle votre roman? – L’histoire se passe au début du XXe siècle dans un hôtel au-dessus de Montreux. Et le vôtre? – Il se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, aussi dans un hôtel au-dessus de Montreux. – Ce ne serait pas l’Hôtel Victoria, à Glion? – Mais oui!»

«Ainsi s’agrandit le monde»

CultureArticle

«Ainsi s’agrandit le monde»

«Ce vice impuni, la lecture.» La formule, célèbre, est de Valery Larbaud (1881-1957) qu’il a lui-même reprise d’un certain Logan Pearsall Smith pour en faire le titre de ses recueils d’articles consacrés, pour l’un, au domaine anglais, pour l’autre, au domaine français. Grand lecteur s’il en est, sa bibliothèque personnelle comptait quelques quinze mille volumes reliés de différentes couleurs selon qu’ils étaient en français, en anglais ou en espagnol. Or, comment ne pas penser à Larbaud après avoir lu le dernier ouvrage de Michel Le Bris, «Pour l’amour des livres», ode à la littérature et à la lecture?

Vivre de sa plume, vraiment?

CultureArticle

Vivre de sa plume, vraiment?

Dans quelques jours, sur les quais de Morges, la grand-messe du Livre sur les quais va à nouveau battre son plein. Avec sa profusion d’auteurs, connus et inconnus, sa multitude de rencontres et de débats. Un rendez-vous au fil des ans – dix très exactement cette année – devenu incontournable pour tous les amoureux et les amoureuses du livre et de la littérature. Et comme à chaque fois, depuis plusieurs éditions, il y a fort à parier qu’il sera à nouveau question, au moins dans les coulisses et sur les terrasses, de la rétribution des auteurs.

Sauf pour la gloire et pour l’art

HistoireArticle

Sauf pour la gloire et pour l’art

Il y a deux cent cinquante ans, ce 15 août 1769, naissait à Ajaccio Napoléon Bonaparte. Un anniversaire marqué par plusieurs manifestations, principalement en Corse. Car les grandes célébrations, c’est pour dans deux ans. En 2021, année du bicentenaire de la mort de l’Empereur des Français. Pour l’occasion, la Fondation Napoléon lance une souscription en faveur de la restauration de son tombeau aux Invalides, à Paris, qui accueille chaque année plus d’un million de visiteurs venus de partout dans le monde.

Notre-Dame: trois mois après

CultureArticle

Notre-Dame: trois mois après

Presque trois mois se sont écoulés depuis le terrible incendie qui ravagea la cathédrale de Paris dans la soirée du 15 avril dernier. L’émotion, aux quatre coins du monde, fut immense. En quelques heures, comme l’écrit Adrien Goetz, la cathédrale de Paris est «devenue Notre-Dame de l’humanité.» Aujourd’hui, on ne parle plus guère de cette funeste nuit, les médias sont passés à autre chose, mais plusieurs livres sont parus, tous écrits dans l’urgence. Tous disant ce lien fondamental à l’art, qui transcende les appartenances, quelles qu’elles soient.

Dans l’Atelier

CultureArticle

Dans l’Atelier

Son tableau de L’Origine du monde est aujourd’hui presque aussi célèbre que La Joconde.  Pour ne rien dire de ses Baigneuses qui scandalisèrent le bourgeois, parce que n’ayant rien des nus idéalisés de Monsieur Ingres. Et puis il y a L’Atelier du peintre, cet immense tableau de près de six mètres de long avec ses trente-trois personnages grandeur nature. Le chef d’œuvre absolu de Gustave Courbet, car c’est de lui qu’il s’agit, né il y a deux cents ans, le 10 juin 1819. Un bicentenaire qui donne lieu à de nombreuses manifestations. A Ornans bien sûr, sa ville natale,  mais aussi à Vevey – Courbet est mort en exil à la Tour-de-Peilz en 1877 – au Musée Jenisch, qui lui consacrera en octobre prochain une exposition de dessins.

Genius loci

CultureArticle

Genius loci

Maurice Barrès parlait de «lieux où souffle l’esprit», les Anciens, de Genius loci, de «génie du lieu». Ces endroits propices que l’on dirait habités par les dieux, où l’âme et le corps se régénèrent. Ainsi en va-t-il de cette «colline inspirée» qui a nom Monte Verità, au-dessus d’Ascona, au Tessin. Il y a longtemps que je désirais m’y rendre. Car Monte Verità a abrité au tout début du XXe siècle, et jusque dans l’entre-deux guerres encore, une communauté d’intellectuels et d’artistes en rupture avec la société industrielle. En quête – déjà ! – de modes de vie alternatifs dans le respect de la nature.

Stèle pour Segalen

CultureArticle

Stèle pour Segalen

Nombreux sont les écrivains français à avoir éprouvé une fascination pour la Chine. Claudel, bien sûr, qui, en tant que diplomate, y occupa différents postes, notamment à Shanghai et à Tientsin; Saint-John Perse, qui fut secrétaire de la légation française de Pékin. Malraux, qui y consacra trois de ses livres majeurs, dont son roman le plus célèbre, La Condition humaine. Et plus près de nous, Pierre-Jean Remy, avec Le Sac du Palais d’été. Mais il y a encore un autre écrivain, quelque peu en marge, mort il y a tout juste cent ans, le 23 mai 1919. Il s’agit de Victor Segalen.

Géographie du poème

CultureArticle

Géographie du poème

Plus que d’autres, la Suisse romande est une terre de poésie. Ne nous a-t-elle pas donné l’un des très grands poètes du XXe siècle, Blaise Cendrars? L’auteur de l’extraordinaire «Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France». Certainement l’un des plus beaux textes de toute la langue française. Mais il y en a d’autres encore, poètes d’ici et d’ailleurs. Ils sont nombreux à être venus en terre romande et, pour certains, à la célébrer. Un ouvrage, tout juste sorti de presse chez Noir sur Blanc et qui sera en librairie à partir du 16 mai, «Le poème et le territoire», dresse la carte de cette géographie élective.

Et Notre-Dame redevint blanche

CultureArticle

Et Notre-Dame redevint blanche

Beaucoup de choses ont été dites et écrites depuis le dramatique incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris. On a bien sûr parlé de Viollet-le-Duc, à l’origine de la flèche de la cathédrale disparue dans les flammes et à laquelle ces vers de Charles Péguy, à propos de Chartres, semblent si parfaitement s’accorder: «C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté/Vers un ciel de clémence et de sérénité.» On a aussi évoqué Victor Hugo – comment en serait-il autrement? Mais il y a quelqu’un dont le nom n’a pas été mentionné, c’est André Malraux (1901-1976). A qui l’on doit pourtant le nettoyage des monuments de Paris, dont Notre-Dame.

«Vous avez ajouté quelque chose  à mon univers humain»

CultureArticle

«Vous avez ajouté quelque chose à mon univers humain»

Pour beaucoup d’écrivains, à l’instar du jeune Mauriac, la découverte de l’œuvre de Proust a représenté une véritable révélation:«Jusqu’à Proust, expliquait le romancier, on refaisait du Balzac ou on refaisait du Benjamin Constant. Eh bien Proust nous a montré que l’on peut faire autre chose.» Mais pour que la grande majorité des lecteurs le découvre à son tour, il faudra la reconnaissance de la République des Lettres. Qui viendra sous la forme du prix que ces messieurs du Goncourt décerneront en décembre 1919 à l’écrivain en couronnant «A l’ombre des jeunes filles en fleurs». Ce qui n’allait aucunement de soi. Au contraire.