Dans quelques jours, sur les quais de Morges, la grand-messe du Livre sur les quais va à nouveau battre son plein. Avec sa profusion d’auteurs, connus et inconnus, sa multitude de rencontres et de débats. Un rendez-vous au fil des ans – dix très exactement cette année – devenu incontournable pour tous les amoureux et les amoureuses du livre et de la littérature. Et comme à chaque fois, depuis plusieurs éditions, il y a fort à parier qu’il sera à nouveau question, au moins dans les coulisses et sur les terrasses, de la rétribution des auteurs.
On prête à la grande chanteuse et meneuse de revue Joséphine Baker (1906-1975), que je respecte infiniment pour son action dans la Résistance et en faveur des orphelins, ce mot un peu leste: «On peut vivre de sa plume, ça dépend où on la met.»
Est-il possible de vivre de la littérature, de vivre de son art lorsqu’on écrit?
Car telle est évidemment la question qui se tient derrière la revendication, parfaitement légitime au demeurant, d’être rémunéré pour une lecture publique, une table ronde, un débat, une conférence, que sais-je encore. Beaucoup de ceux et celles qui publient se la posent. Au début en tout cas de leur carrière littéraire, pour peu que leurs premières publications aient rencontré quelque succès, fût-ce d’estime seulement. Et ils y sont d’autant plus encouragés que l’on parle beaucoup depuis quelques années de professionnalisation du métier d’auteur(e). Depuis la création notamment de l’Institut Littéraire de Bienne. Et qui dit professionnalisation dit du même coup salaire. Plus globalement, c’est l’ensemble des acteurs de la scène artistique, et pas seulement littéraire, qui y aspire. Scène qui n’a cessé, comme on le sait, de se développer.





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