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Le soutien de l’opinion américaine à la communauté LGBTQ+ s’effrite

Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 29 mars 2024 · 3 min de lecture

Le soutien de l’opinion américaine à la communauté LGBTQ+ s’effrite
Brooklyn (NYC) lors de l'élection présidentielle américaine de 2020. © spurekar - Election Day 2020 - CC BY 2.0

Le journal télévisé américain PBS NewsHour a interrogé Melissa Deckman, directrice d’un institut de recherche sociologique qui vient de rendre public son rapport. Les chiffres montrent que pour la première fois depuis des décennies, les personnes sondées sont moins nombreuses à se prononcer contre la discrimination ou en faveur du mariage pour tous. Ces résultats, à nuancer selon les religions et les affinités politiques, révèlent tout de même une tendance inédite.

Le PRRI (Public Religion Research Institute) a publié début mars son rapport annuel, «American Values Atlas». Et le volet consacré aux droits et aux politiques relatives à la communauté LGBTQ+ interpelle. Au cours de l’année 2023, explique la directrice Melissa Deckman, l’institut a interrogé plus de 20’000 Américains, regroupés dans un panel représentatif de la société des Etats-Unis,. Pour la première fois depuis «des décennies», souligne-t-elle, on observe une baisse globale du soutien des Américains aux personnes LGBTQ+.

Le soutien au mariage entre personnes de même sexe a diminué de 2 points de pourcentage. A noter que depuis 2015, le mariage homosexuel est légal dans les 50 Etats des Etats-Unis. Le rapport note aussi une baisse de 4 points de l’approbation des lois anti discriminations, et l’opposition aux discriminations pour des raisons religieuses a quant à elle diminué de 5 points.

Après des années de hausse constante et bien documentée du soutien de l’opinion américaine aux droits des LGBTQ+, c’est la surprise. Même si les chiffres de ce «déclin» sont assez faibles, Melissa Deckman affirme qu’il ne faut pas les négliger: on aurait pu croire que la visibilité croissante des personnes homosexuelles, transgenres ou queer entraînerait la société à se montrer de plus en plus solidaire des droits de ces dernières. Or ce n’est visiblement pas si évident. Il est même possible que ce soit le contraire. Melissa Deckman déclare qu’un «backlash» est envisageable.

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