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Et si Dieu préparait son retour

Par David Laufer · Publié le 10 octobre 2025 · 17 min de lecture

Et si Dieu préparait son retour
© Shutterstock

Nous sommes passés des cathédrales à Netflix, de la prière à l’algorithme, persuadés d’avoir vaincu l’ignorance et dompté le monde. L’Occident a remplacé Dieu par la science, la foi par la consommation, la communauté par l’individualisme. Mais le besoin de sens refait surface et les conditions pour un véritable retour de Dieu semblent réunies.

Sommaire

Quand j’étais étudiant à la Sorbonne à Paris, je me suis spécialisé dans le Moyen Âge. L’un des enseignements majeurs de cette expérience est la manière dont nous nous trompons aujourd’hui sur cette période. Des films comme Le Nom de la rose ou Sacré Graal des Monty Python dépeignent les hommes du Moyen Âge comme des imbéciles sanguinaires vêtus de haillons, les dents noircies par la suie, le visage couvert de verrues, rampant devant Dieu et le roi. Tout cela est largement faux. Ce qui, en revanche, sonne assez juste, c’est leur rapport à Dieu. Presque tout ce que l’on trouve dans un musée datant du Moyen Âge est lié, d’une manière ou d’une autre, à Dieu.

Les hommes du Moyen Âge vivaient dans des conditions difficiles et instables. L’organisation solide et bien huilée du continent par les Romains s’était effondrée vers la fin du Ve siècle. Elle avait été remplacée par un chaos de royaumes en guerre, chacun revendiquant l’héritage des empereurs romains. Le fait que l’Église ait choisi Rome comme siège n’est pas anodin: la masse des croyants y voyait une forme de continuité de l’empire. La volonté fanatique du Vatican de construire partout d’immenses édifices de pierre, de conserver et transmettre le savoir, de relier le continent au-delà des conflits politiques locaux, tout cela rappelait aux hommes du Moyen Âge ce qu’ils connaissaient des Romains.

Il y avait là une saine dose d’humilité. Les hommes ne faisaient pas que croire: ils savaient qu’ils étaient petits et insignifiants. Rien n’avait vraiment de sens — ni le mouvement des trous lumineux dans la voûte céleste, ni le sang qui s’écoulait périodiquement du corps des femmes, ni la toux qui emportait les gens en quelques jours. Mais Dieu, lui, savait, et avait un plan. Alors tout allait bien.

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