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Tchüss Switzerland?

Corinne Bloch

Par Corinne Bloch · Publié le 5 septembre 2025 · 6 min de lecture

Tchüss Switzerland?
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Pour la troisième fois en 20 ans, le canton de Zurich envisage de repousser au secondaire l’apprentissage du français à l’école. Il n’est pas le seul. De quoi faire trembler la Suisse romande qui y voit une «attaque contre le français» et «la fin de la cohésion nationale». Est-ce vraiment le cas? Et nous, Romands, maîtrisons-nous l’allemand?

Sommaire

«Attaque contre le français», «Nouvel assaut à Zurich pour reléguer l’apprentissage du français au degré secondaire», a-t-on pu lire dans les médias romands à la suite de la motion votée le 1er septembre par le parlement zurichois de n’enseigner plus qu’une seule langue étrangère à l’école primaire, à savoir… l’anglais. Adoptée contre l’avis du gouvernement, la motion demande des bases légales pour un tel changement. Douze autres cantons alémaniques débattent également de cette question et pourraient suivre. Mais rien n’est encore joué puisque cette décision va à l’encontre du Concordat intercantonal, qui exige que deux langues étrangères, dont l’une nationale, soient enseignées à l’école primaire.

Intéressants, en revanche, sont les termes employés dans les médias: Attaque! Assaut! Serions-nous en guerre? Pas loin, à en croire le directeur de la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique, Christophe Darbellay, qui dénonçait mardi sur les ondes de RTS La Première «une façon dégradante d’aborder la langue de l’autre qui pourrait être dangereuse» et regrettait qu’«on se prive de ce vivre-ensemble qui est si fondamental dans notre pays», craignant même que celui-ci «se transforme en Belgique». Quant à la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, elle s’est dite «très préoccupée» par la situation et s’apprête à proposer au Conseil fédéral de relancer la discussion sur la protection des langues nationales, via, si nécessaire, une loi fédérale. Là encore, presque un cri de guerre dans un pays où l’instruction publique relève clairement des cantons.

Pourquoi l’anglais plutôt que le français?

Certes, il serait dommage que les petits Zurichois et autres bambins alémaniques n’apprennent plus le français à l’école primaire. On retient mieux quand on est jeune, c’est bien connu. Mais il semblerait que deux langues étrangères, à cet âge-là, ce soit trop: les enfants s’embrouillent. C’est du moins ce que révèlent les études menées.

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