La ville qui veut éradiquer une langue


L’envoyé spécial du magazine «Le Point» à Odessa raconte comment cette ville, adossée au grand port de la Mer noire fondé au XVIIIème siècle par Catherine II de Russie, tente d’effacer un pan de sa culture.
Jusqu’à il y a peu, on parlait principalement russe à Odessa, y compris ses habitants venus d’ailleurs. Tout change depuis le début de la guerre. Les médias, les écoles adoptent l’ukrainien. Certes proche du russe mais avec d’importantes différences linguistiques. Des groupes de citoyens et citoyennes s’organisent pour l’apprendre. L’une d’elles remarque que «le plus difficile c’est la prononciation des i». Sa voisine ajoute: «Oui, il y a une gymnastique de la langue et de la mâchoire qui n’est pas habituelle.» Beaucoup renâclent. Par habitude plus que par conviction politique et en restent à l’usage quotidien du russe.
L’épuration du patrimoine culturel s’impose. La statue de l’impératrice russe Catherine II a été déboulonnée et cachée au Musée de la ville. Les autorités mettent la pression sur tous les domaines: «Débarrassez-vous de Pouchkine, de son musée, de tout!». «Mais comment? Il appartient à la littérature mondiale!» lâche Katia, guide au Musée de la littérature.




Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.