L’argent et la politique reste un thème tabou en Suisse. Or le Conseil de l’Europe se fâche: notre pays est pratiquement le seul en Europe qui n’ait aucune législation, au niveau fédéral, sur le financement des partis. Cela changera-t-il? Peut-être si le peuple le veut. Une initiative sera déposée le 9 octobre (munie de 120 000 signatures) pour exiger que l’on y voie enfin clair.
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Comme nous ricanons en découvrant les petits cadeaux que reçoivent les parlementaires français! Un candidat à la présidence qui se fait offrir des costards? Quelle horreur. En Suisse pourtant, ces gâteries intéressées abondent, elles font partie du système. Un groupe d’intérêts rétribue un conseiller national influent pendant des années, à raison du double de son indemnité parlementaire. Cela ne fait que quelques vaguelettes quand celui-ci prétend entrer au gouvernement. Et y parvient. Ce n’est pas un cas isolé. Nombreux sont ses collègues que les assurances arrosent pour maintenir leurs avantages. C’est connu, c’est accepté.
Et il tombe tant d’autres petites faveurs, ici et là, pour amadouer le monde politique. Un exemple? Le Sport-Toto invite ces messieurs-dames à une somptueuse soirée au Bellevue de Berne. Coût: un demi-million. Prélevé sur les gains qui devraient aller, selon la loi, à des buts d’intérêt public. Ailleurs, on appellerait cela de la corruption.
Le plus grave est ailleurs: l’opacité totale dans le financement des partis. Depuis des années, le Conseil de l’Europe – dont la Suisse est membre, faut-il le rappeler? – s’alarme de cette lacune législative. Son dernier rapport, en juin de cette année, est très dur. Un groupe de travail a épluché les lois et règlements existants, a rendu plusieurs visites à Berne. Il reconnaît quelques progrès mais considère insuffisante la transparence sur les intérêts et les attaches des parlementaires, ainsi que sur le financement des partis.






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