Réservé aux abonnés

Retour à Manderley

Publié le 26 février 2020 · 6 min de lecture

Retour à Manderley
Joan Fontaine et Judith Anderson dans l'adaptation du roman de Daphné du Maurier, Rebecca (1938) par Alfred Hitchcock. - © DR

Nous franchîmes le dernier virage et Manderley surgit enfin. Oui, il était bien devant nous, le Manderley que j’attendais, le Manderley de la carte postale d’autrefois. Une bâtisse toute de grâce et de beauté, exquise et sans défaut, plus magnifique encore que je ne l’avais rêvée.» Manderley, l’aristocratique demeure qui sert de cadre à ce chef d’œuvre absolu de la littérature policière qu’est Rebecca de Daphné du Maurier. L’ouvrage le plus célèbre peut-être de la romancière britannique, dont une toute nouvelle traduction est maintenant disponible en édition de poche.

On ne le sait pas toujours ou on l’oublie, l’un des plus grands succès d’Alfred Hitchcock, Les Oiseaux (1963), qui est en même temps l’une des œuvres les plus fameuses de toute l’histoire du cinéma, est tiré d’une nouvelle de Daphné du Maurier. Il s’agit du dernier des trois films adaptés d’un ouvrage de sa compatriote, le premier étant Rebecca – qui valut au réalisateur deux Oscars et neuf nominations! – tourné deux ans à peine après la parution du roman en 1938.

Daphné du Maurier vers 1930 © Wikipédia

Daphné du Maurier a alors 31 ans. Elle n’en est pas à son coup d’essai, elle a déjà publié plusieurs ouvrages qui ont rencontré un succès d’estime, sans plus. L’écrivaine de la famille, c’est sa grande sœur, Angela, et la personnalité connue du grand public, son père, Sir Gerald du Maurier, acteur célèbre. Daphné a effectué une partie de ses études en France, mais ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est la côte des Cornouailles où la famille a acquis une maison. En 1932, elle a épousé un élégant officier aux Guards, le futur lieutenant-général Sir Frederick «Boy» Browning. En septembre 1944, il sera l’un des commandants de l’opération Market Garden visant à s’emparer de la région d’Arnhem, derrière les lignes allemandes. Il figure sous les traits de Dirk Bogarde dans le film de Richard Attenborough, A Bridge Too Far. 

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Quand notre culture revendique le «populaire de qualité»

CultureArticle

Quand notre culture revendique le «populaire de qualité»

Du club FipFop aux mémorables albums à vignettes des firmes chocolatières NPCK, ou à ceux des éditions Silva, en passant par les pages culturelles des hebdos de la grande distribution, une forme de culture assez typiquement suisse a marqué la deuxième décennie du XXe siècle et jusque dans la relance du festival de Locarno... Et maintenant, entre clics et «likes»?

Jean-Louis Kuffer

Anouilh, retrouvailles avec l’illustre inconnu

CultureArticle

Anouilh, retrouvailles avec l’illustre inconnu

Le répertoire de Jean Anouilh est rarement à l’affiche des théâtres. Il connut pourtant un demi-siècle de succès, avec une quarantaine de pièces. Applaudi dans l’espace francophone et parfois au-delà. Le livre que lui consacre Anca Visdei révèle une personnalité attachante, qui partage avec nous son énergie, sa passion, la dureté des revers.

Jacques Pilet