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Renaud fidèle à lui-même, mort du «dernier des pornographes» et cervelas digital pour le 1er Août

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 13 juillet 2020 · 2 min de lecture

Renaud fidèle à lui-même, mort du «dernier des pornographes» et cervelas digital pour le 1er Août
Le chanteur populaire Renaud dans le clip de son nouveau tube «Corona song». - © DR

La dernière chanson de Renaud, «Corona song», semble décevoir ses fans, on peine à comprendre pourquoi. L’écrivain Esparbec a cassé sa pipe, les amateurs de romans de gare sont en deuil. Nicolas Bideau, le directeur de Présence Suisse, se donne pour défi de retranscrire l’essence de la Fête national suisse sur le mode digital, et ça promet.

«Corona virus, connard de virus…» Cette nouvelle ritournelle et le clip qui l’accompagne provoquent la déception de certains admirateurs du chanteur populaire Renaud. «T’as débarqué un jour de Chine, retourne z’y qu’on t’y confine, dans ce pays où on bouffe du chien, des chauves-souris, du pangolin…» Pantalons et gilet de cuir, bandana sur le nez, Renaud n’arrive toujours pas à passer pour un mauvais garçon malgré les ravages de l’âge et les tatouages. Je peine à comprendre ce que lui reprochent ses fans déçus. «Les caissières de l’Intermarché en ont ras-le-bol et je les comprends, elles sont masquées toute la journée, quant à leur salaire, parlons-en…» La rhétorique reste simple, les rimes et la mélodie entraînantes. Renaud n’a pas changé: c’est toujours un beauf-bohème, un bobeauf.                 

***

Le licencieux éditeur Jean-Jacques Pauvert l’avait désigné comme «le dernier des pornographes». L’écrivain français Esparbec est mort le 6 juillet, à l’âge de 87 ans. Auteur de plus de 170 romans de gare, il a notamment écrit La pharmacienne, un récit dans lequel ça couche en famille, sans complexe et sans s’embarrasser des a priori de genre. «Pourquoi la pornographie devrait-elle être laissée à des écrivains de second ordre, dénués de talent? Pourquoi la vouer aux poubelles de la littérature, aux sex-shops?», interrogeait Esparbec, dont le dessinateur Wolinski a dit: «Ce qu’il écrit est scandaleux, sale, fascinant, angoissant, comme tout ce que nous refoulons.»               

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