Cet été, la communauté internationale a annoncé la fuite vers le Bangladesh de plus de 600'000 Rohingya venus de Birmanie – soit deux fois la population du canton de Fribourg. Si la situation de cette minorité apatride musulmane est particulièrement inquiétante, d’autres groupes linguistiques, ethniques ou culturels se retrouvent – un peu partout dans le monde – sans droits juridiques officiels à l’intérieur de leur propre pays. Puisqu’aucune patrie ne les reconnaît comme faisant partie des siens, ces humains restent invisibles. Pourtant, ils seraient plus de 10 millions sur terre. CARTE INTERACTIVE et FICHES INFOGRAPHIQUES.
Au risque de vous décourager dès les premières lignes, l’histoire commence il y a environ 150 ans. Au 19e siècle, les nations telles que connues aujourd’hui apparaissent. Ce concept d’État-nation, couplé à la nationalité, lie les habitants d’un territoire donné à leur autorité étatique. C’est également à cette même période que le recours à des passeports et les inscriptions aux registres d’état civil se systématisent.
Toute personne n’étant pas enregistrée dans ces répertoires n’est pas reconnue par le gouvernement central et risque donc de devenir apatride. «Néanmoins, certaines minorités n’ont jamais été reconnues par l’État ou par les groupes au pouvoir et cela déjà avant l’État-nation moderne. Mais ce concept a néanmoins aggravé la situation», précise Barbara von Rütte, doctorante à l’Institut de droit public de l’Université de Berne. Que certaines nations profitent de ce non-statut pour se «débarrasser» des peuples qui les ennuient, ou par simple manquement administratif, l’apatridie est aujourd’hui une réalité ancrée dans nos sociétés.






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