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«Ma mission va être d’essayer de comprendre ce qu’on a fait faux»

Anna Lietti

Par Anna Lietti · Publié le 21 novembre 2017 · 9 min de lecture

«Ma mission va être d’essayer de comprendre ce qu’on a fait faux»
© RTS / Laurent Bleuze

A la tête de l’unité documentaire de la RTS, Irène Challand a incarné durant 15 ans le meilleur du service public. Elle vient d’être nommée à la direction générale de la SSR avec mandat de raviver les liens avec la société civile. Un poste alibi, créé sous la pression de la campagne No Billag? La Fribourgeoise nous dit pourquoi elle croit que non. Et raconte comment l’Europe de l’audiovisuel a les yeux braqués sur la Suisse.

Elle a inventé la convergence à elle toute seule et innové en matière de partenariat public-privé, avec Histoire vivante (radio-TV-La Liberté). C’était en 2002: Irène Challand, Fribourgeoise par la naissance et bilingue par conviction, rentrait de Berlin, où elle avait été correspondante de la RTS et d’Arte. Nommée à la tête de l’unité documentaire, elle s’apprêtait à écrire quelques-unes des pages les plus glorieuses de la RTS. Avec la production de plus de 300 documentaires, dont d’immenses succès comme Romans d’ados. Avec l’accompagnement d’une nouvelle génération de cinéastes romands, de Jean-Stéphane Bron à Lionel Baier en passant par Fernand Melgar et Pierre-Yves Borgeaud. Mais aussi avec un travail d’intense collaboration avec ses partenaires internationaux pour faire exister des projets essentiels à la conscience de notre époque comme I am not your negro de Raoul Peck.

Activiste du dialogue entre les cultures, passionnée d’histoire et de géopolitique, profondément concernée par la chose publique, Irène Challand incarne le meilleur du service public. C’est ce profil idéal qui la propulse aujourd’hui à la direction générale de la SSR, pour assumer un mandat jusqu’ici inexistant: redéfinir et intensifier la «contribution à la société» de l’audiovisuel public suisse.

L’annonce de sa nomination a été donnée à l’interne il y a quelques jours. En pleine campagne No Billag, elle est de bon augure. Mais le service public helvétique a-t-il vraiment l’intention de se remettre en question? Irène Challand y croit.

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