Les vicissitudes de la modernité


Le fonctionnement, certes aléatoire, d’un photocopieur peut-il donner matière à un roman? Oui, à condition de réunir un auteur comme Daniel Fattore et un éditeur comme Hélice Hélas. Il fallait cette conjonction d’humour délirant et d’ouverture aux explorations littéraires les plus originales pour que le roman «Tolle, lege!» (ramasse et lis!) voie le jour en cette année de pandémie.
Triple champion suisse d’orthographe, président de la Société fribourgeoise des écrivains depuis 2013, Daniel Fattore a étudié les langues mortes avant de se lancer dans une carrière de traducteur aux CFF. Auteur de nombreuses nouvelles parues dans des anthologies, il a aussi publié en 2012 un recueil intitulé Le nœud de l’intrigue. Tolle, lege! est son premier roman.
Un roman joyeux et déjanté qui part d’une situation absurde à souhait pour soulever par la bande de vraies questions d’actualité. Celle de la fracture numérique par exemple ou de la déshumanisation induite par le progrès technologique. En latiniste chevronné, l’auteur s’emploie à dénoncer les vicissitudes de la modernité. Sans du tout se prendre au sérieux.
L’histoire se passe dans un évêché qui vit complètement en marge du progrès. Jusqu’au jour où il se dote d’une photocopieuse high tech au potentiel quasi illimité pour peu qu’on sache la dompter, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Et avec cet appareil dont l’achat a asséché le budget de l’évêché pour dix ans, c’est un peu le diable qui fait son entrée dans la maison.




Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.