Heidegger, théoricien et acteur de l’extermination des juifs?


- © Musée Heidegger, Messkirch.
Martin Heidegger aurait joué un rôle prépondérant dans l'antisémitisme de la première moitié du siècle dernier. «The Conversation» décrypte les nouvelles découvertes.
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François Rastier, Directeur de recherche, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
Longtemps, le nazisme et l’antisémitisme de Heidegger ont été discutés; on a vu en lui un «nazi très ordinaire» (Barbara Cassin et Alain Badiou), un antisémite «banal» (Jean‑Luc Nancy), tout en exaltant sa philosophie: le «plus grand philosophe du XXe siècle» est même considéré comme «le roi secret de la pensée» (Hannah Arendt). Son rectorat n’aurait été qu’une expérience temporaire, de dix mois, dont il aurait été déçu, comme jadis Platon à Syracuse. Après quoi, dès 1934, dans son chalet de la Forêt noire, il se serait adonné à méditer des poètes allemands et des philosophes grecs. Il déroule du moins ce récit devant la commission qui décide après la guerre de suspendre son enseignement. Ne pas s’en tenir à cette version des faits, ce serait se «blottir» dans le «politiquement correct» selon Nancy (Heidegger, philosophe incorrect, Libération, 12 octobre 2017).




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