L'Espace de Jacques Pilet

L’affaire Navalny ou de l’usage du complotisme
Ce livre dont les médias n’ont guère parlé a de quoi semer le trouble chez quiconque se méfie des récits simplistes. D’abord parce qu’il est le fruit du travail fouillé d’un grand pro du renseignement, Jacques Baud, qui a passé sa vie à regarder au-delà des apparences; aujourd’hui retraité après une carrière auprès de la Confédération, des Nations-Unies et de l’OTAN. Son ouvrage intitulé «L’affaire Navalny. Le complotisme au service de la politique étrangère» va bien au-delà du cas particulier.

L’Occident aveuglé
Les images parvenues de Kaboul ces derniers jours sont bouleversantes. Des vagues d’émotion nous ont envahis: effroi, empathie, colère. Elles retombent déjà. Le moulin des frayeurs tourne vite. Et puis Kaboul, c’est loin. Croit-on. Il n’empêche que ce 15 août marqué par la victoire des talibans entre dans l’histoire. Avec un cruel constat: les Occidentaux, Américains en tête, n’ont pas compris ce qui se passait dans les profondeurs de ce pays et le paient cher. Et ailleurs? Comprennent-ils?

Tempêtes sur terre et dans les têtes
Le dernier rapport du GIEC déchaîne toutes sortes de réactions passionnées. Il confirme les constats précédents, hausse le ton et affirme que le réchauffement s’accélère. Dont acte. Mais que faire dans nos têtes des clameurs qui s’élèvent, emportées par l’escalade des superlatifs? Alerte rouge, menace sur l’humanité, la terre brûle… Tenter plutôt d’en revenir aux faits. Et faire la part des attitudes et propositions très diverses face à l’alarme. Se demander aussi comment nous choisirons de vivre demain.

Surveillés de partout. A devenir parano?
Que nous soyons tous tracés par quelque outil digital, il faut être un berger sans téléphone sur l’Alpe pour ne pas le comprendre. Et encore… l’Etat compte les moutons. Mais comment évaluer à quel point la société de surveillance impacte nos vies? Divers faits récents éclairent la réflexion. Pour ne tomber ni dans l’indifférence ni dans le réflexe de persécution.

Pascal Couchepin dénonce les abus de pouvoir du Conseil fédéral
L’ex-conseiller fédéral valaisan ne comprend pas comment on a pu saborder l’accord-cadre avec l’UE sans débat parlementaire ni vote populaire. Il y voit peut-être… un effet Covid! Interview parue dans «Schweiz am Wochenende».

«Geocratia», un roman pour brouiller les cartes
Vous appréciez un brin de provocation, prendre à l’envers toutes les certitudes du moment? Alors le livre de Benoît Rittaud est pour vous. Il met en scène des chercheurs qui découvrent un phénomène bouleversant: le climat corrigerait de lui-même ses variations…

De Roulet dans «La France atomique»
Voyageur inlassable, Daniel de Roulet a l’habitude de nous faire pénétrer les profondeurs des paysages. Cette fois, il est allé errer autour des centrales nucléaires françaises. Sans guère nous y faire entrer mais en s’interrogeant, l’air de rien, sur une aventure humaine à la fois fascinante et effrayante.

Vivre dans les fièvres de la fiction
Les écrivains et scénaristes imaginatifs ont de quoi déprimer. Ils sont dépassés non par la «réalité» mais par toutes sortes de fictions qui s’imposent à nous. La fièvre est partout. Nous devenons les spectateurs et parfois les acteurs d’un film aux cent versions.

Je brûle Paris
«Je brûle Paris», Bruno Jasienski, Editions du Félin, 336 pages.

Le Parlement au placard
La Suisse vit un temps d’exception sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement gouverne au mépris du Parlement. Il n’est pas question ici de «l’urgence sanitaire». Trois décisions de toute autre nature viennent de tomber sans aucun débat aux Chambres. Prises selon le bon vouloir du Conseil fédéral. Trois actes de portée considérable sur la politique et la stratégie des prochaines années. Le sabordage des pourparlers avec l’Union européenne. L’achat d’un avion américain aux conséquences lourdes. Le mandat donné à des géants chinois et américains pour gérer les données de la Confédération.

Le passé de Montreux: tant d’énergie!
«Empreintes du temps, volume 2», Archives de Montreux, 98 pages.

Comment le Conseil fédéral se tire une balle, ou plusieurs, dans le pied
On se pince mais on ne comprend pas. Comme si le gouvernement suisse n’était pas assez dans la panade dans les relations avec ses voisins… Il en rajoute une couche en choisissant un avion de combat américain plutôt qu’européen. Et quel avion! Un appareil F-35 pas au point qui accumule les déboires selon le Pentagone lui-même. Avec des surcoûts en cascade.

Du foot, des urnes et de quelques interrogations
La France a le blues. Elle qui croyait avoir gagné le match contre la Suisse avant même de le jouer a passé une fin de soirée aussi amère qu’elle était jubilatoire chez son adversaire. Elle s’en remettra en maugréant contre son entraineur et le malheureux qui a raté son tir au but. Mais côté politique, elle a d’autres soucis plus durables. Qui à certains égards, d’autres façons, font écho aux nôtres.

Le Parlement européen déclare la guerre aux GAFA
Le journal «Les Echos» rapporte un débat majeur au Parlement européen, ignoré par la plupart des médias. La Commission prévoyait d’exiger de Facebook, Youtube et Twitter une plus grande transparence sur l’utilisation des données des utilisateurs. Les députés veulent aller plus loin. Ils lancent deux plans complémentaires pour accroître le contrôle des géants américains du numérique.

Revers pour les grands prêtres
Après l’échec de la loi sur le CO2, des pleurs inondent les réseaux sociaux, murs des lamentations. «Vous sacrifiez nos enfants!», «Egoïstes, vous laissez brûler la planète!», «la Suisse tourne le dos à la vertu climatique»… Incantations morales, quasi religieuses.

Le Parlement veut tenir les journalistes en laisse. Un exemple.
Le Conseil des Etats s’est prononcé par 30 voix contre 12 pour une modification de la loi. Il sera désormais plus facile de recourir à un juge pour interdire la parution d’un article dérangeant. L’inquiétude de la profession, de Reporters sans frontières et de nombreux juristes n’a pas été prise en compte. Pas plus que l’opinion de la conseillère fédérale Keller-Suter, opposée au changement. Dès lors toute personne qui se sait mise en cause par une information en préparation peut bénéficier plus facilement d’une «mesure provisionnelle», d’une censure préalable, avant même la publication. Sans même que la défense soit entendue par le juge qui ordonne le blocage. Le tribunal examine ensuite le cas sur le fond et tranche, plusieurs mois après.

La peur, cette drogue douce
La peur, dit-on, a le mérite de stimuler l’instinct défensif. Elle pousse la gazelle à courir vite devant le lion. Mais la rend-elle plus maline? Quant à nous, poursuivis par les médias, nous courons d’une peur à l’autre. Le virus et les prochains, le réchauffement climatique, l’eau empoisonnée, la malbouffe, les tiques et toutes ces sales bestioles venues d’ailleurs… Où nous mène ce festival des trouilles? On les agite. On joue avec elles. On les utilise pour telle ou telle cause politique.

La SSR sacrifie les Romands
Les coupes annoncées sur les programmes de la télévision publique suisse romande sont ahurissantes. Elles portent sur le cœur du service public: le débat et l’information. «Infrarouge» tous les quinze jours seulement, plus d’émission économique, «Temps présent» raccourci. Mais que les amateurs de jeux débiles et de séries se rassurent… là, on ne chipote pas.

Plongée chez les prétendus «complotistes»
La manifestation qui a réuni cinq à six mille personnes à Neuchâtel samedi dernier fut un beau moment politique. On en a trop peu parlé. Ces opposants à l’obsession sanitaire et aux pleins pouvoirs du gouvernement ne ressemblaient nullement aux «zinzins» timbrés que tant de médias diffament ainsi.

Le pouvoir de l’embrouille
Un gouvernement, cela arrive, peut diriger avec un discours clair, une vision à accepter ou rejeter. Il peut au contraire emmêler les fils jusqu’à n’y plus rien comprendre. Et plonger ainsi le pays dans le marais de la confusion. C’est ce que fait le Conseil fédéral. Avec le sabordage de l’accord-cadre avec l’UE. Et aussi avec le bricolage de sa loi COVID-19.

La démocratie sous narcose
L’endormissement de nos neurones civiques est administrée par doses variables à des fins diverses L’une d’elles a déjà produit ses effets. Le Conseil fédéral a tué l’accord avec l’Europe, sans douleurs, sans le moindre débat au parlement, sans aucun vote populaire. En cachant sa propre étude sur les conséquences du sabordage. Dans ce pays qui se gargarise au sirop démocratique, c’est ahurissant! Mais d’autres somnolences forcées sont aux fins de renforcer le pouvoir étatique sans contrôle. Avec deux lois qu’il nous est demandé d’applaudir le 13 juin.

La mort, ce marché juteux
Mon amie Marie-Lise vient de fêter ses 90 ans. Fort alerte, ancienne militante de la Fédération romande des consommatrices, elle a eu un coup de chaleur en découvrant son courrier. Une entreprise nommée Everlife, sans lui promettre la vie éternelle comme cette appellation le laisserait supposer, lui propose de bien préparer sa mort. Sur quatre pages en papier glacé et en quadrichromie. Ces bienfaiteurs entendent s’occuper de tout, des dernières dispositions aux funérailles.

La Terreur et l’amour de la vie
Qu’est-ce donc qui a poussé le Valaisan Christophe Gaillard, professeur au Collège de Saint-Maurice, à s’immerger pendant des mois et sur 360 pages dans la prison de Saint-Lazare et dans la Terreur révolutionnaire? Sans doute son intérêt pour le poète André Chénier qui y fut enfermé avant de se faire couper la tête. Mais aussi sa fascination pour un lieu étrange où la mort menaçait chacun et où l’on cherchait cependant à savourer la vie. Même dans les pires circonstances.

Panade helvétique
On a pu croire que la Suisse était bien gouvernée. Par un Conseil fédéral, certes sans panache mais les pieds sur terre, raisonnable et surtout, mot-clé, pragmatique. On le croyait attentif au Parlement, aux verdicts du peuple. Le mythe s’effondre. Depuis des mois, le gouvernement mène la barque à sa guise grâce à la loi d’urgence qu’il nous est demandé d’applaudir le 13 juin. Et l’on découvre qu’en matière européenne, il navigue depuis des années sans rien en dire. Or soudain le débat a surgi. Devant sept Sages désemparés, dépassés. Panade historique.