«Inch’Allah», le livre qui vient du mauvais côté


Cornaqués par deux stars françaises du journalisme d’enquête, cinq apprentis reporters se sont attaqués à un sujet ultra-sensible, l’«islamisation» du fantasmatique «9-3», la Seine-Saint-Denis. Leur livre, titré gros «INCH’ALLAH» en lettres capitales, confirme une évolution observée ces dernières décennies et suscitent de vives réactions côté musulman.
«Il y a un problème avec l’islam», leur avait dit l’ancien président de la République François Hollande, à l’occasion de conversations informelles rassemblées dans Un président ne devrait pas dire ça (Stock, 2016). Gérard Davet et Fabrice Lhomme, enquêteurs vedettes du journal Le Monde, sont partis de cette confidence peu commune dans la bouche d’un homme politique de gauche. A l’arrivée, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert.
L’enquête proprement dite a été réalisée pendant huit mois par cinq étudiants, deux jeunes femmes et trois jeunes gens du Centre de formation des journalistes de Paris. Si la plupart des «lanceurs d’alerte» ayant attiré l’attention depuis vingt ans sur un phénomène d’emprise islamiste ici ou là trouvent confirmation à leurs travaux, si Eric Zemmour, le chantre d’une identité française anti-islam, applaudit et remet une couche, le livre, c’était à attendre, provoque un tollé chez les partisans d’un religion qui n’aurait à rendre compte de rien, dès lors que tout ce qui s’y rapporte est légal.
De fait, tout ou à peu près tout de ce que décrit Inch’Allah est légal. Mais pour autant, dans ce département pauvre de la région parisienne (1,6 million d’habitants dont une moitié de musulmans, selon Davet et Lhomme), un islam de type fondamentaliste, empreint de salafisme quiétiste (non violent mais fermé aux compromis), a pris pied par endroits et semble se développer. A l’exemple de cette école privée musulmane où les enfants dessinent des personnages sans visage, où les poupées n’en ont pas non plus, parce que c’est «interdit». Les mères disent préférer la sécurité de ce genre d’établissement à l’insécurité de l’école publique, mais elles apprécient manifestement ce mode de vie régi par une stricte binarité halal-haram (licite-illicite).




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