En poudre ou en pistil, le meilleur safran n’est pas celui qu’on croit


Je croyais appartenir au club des connaisseurs en matière de risotto, donc de safran. J’avais encore beaucoup à apprendre. Leçon de choses d’un Iranien à une Milanaise.
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A chacun ses quêtes existentielles. Personnellement, je cherche le risotto parfait. L’autre jour, j’ai eu le sentiment euphorisant de toucher presque au but: mon risotto à la milanaise était assez renversant. Le bouillon de bœuf y était pour beaucoup – comme dit le proverbe «Celui qui triche sur le bouillon ne trompe que lui-même» (An-Li). Mais aussi la qualité du safran, acheté dans une échoppe lausannoise que je venais de découvrir*. En pistil, bien sûr, le safran: le seul admis des connaisseurs.
Retournée au magasin pour me réapprovisionner, j’associe magnanimement mon fournissseur au récit de mon triomphe. Iman Behbahani, vendeur très savant, est une sorte de créature idéale à mon horizon culinaire puisqu’il est à la fois suisse, iranien et parfaitement italophone. Il me félicite et me demande, sans avoir l’air d’y toucher:
— Comment faites-vous avec le safran, dans votre risotto?




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