Mohamed Merah, mars 2012: le procès d’un long silence


Mohamed Merah n’est plus là pour répondre de ses actes. Le procès qui s’ouvre pour un mois ce lundi à Paris devant la cour d’assises spéciale pour les crimes de terrorisme juge Abdelkader Merah, 35 ans, l’un de ses frères. Il est accusé de complicité d’assassinats et de tentative d’assassinat sur un quatrième soldat blessé par son cadet et depuis tétraplégique. Il encourt la perpétuité.
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Du 11 au 19 mars 2012, à Toulouse et Montauban, dans le Sud-Ouest de la France, celui que les médias vont d’abord appeler le «tueur au scooter», sans connaître encore son identité, tue froidement, par balles, trois militaires et quatre juifs – un adulte et trois enfants. Le 22, après plus de trente heures de siège, les policiers du Raid l’abattent lors de l’assaut donné à son appartement toulousain où il s’est retranché. Le procès qui s’ouvre pour un mois ce lundi à Paris devant la cour d’assises spéciale pour les crimes de terrorisme (lire encadré) juge Abdelkader Merah, 35 ans, l’un de ses frères. Il est accusé de complicité d’assassinats et de tentative d’assassinat sur un quatrième soldat blessé par son cadet et depuis tétraplégique. Il encourt la perpétuité. Me Eric Dupond-Moretti, la star des avocats pénalistes, le défend. Comparaît un deuxième homme, Fettah M., 34 ans, notamment pour fourniture d’armes. Il risque 20 ans de prison.
Jusqu’à l’identification du meurtrier, tardive, après ses derniers forfaits – il porte un casque lorsqu’il tue –, trois pistes sont envisagées: celle du règlement de compte, celle de l’extrême droite, celle de l’islamisme armé. C’est la dernière qui s’impose, comme on s’en doute après l’ultime attaque, perpétrée le 19 mars 2012 aux abords et à l’intérieur d’une école juive.
Abdelkader Merah cherchera certainement à minimiser autant que possible ses liens avec son frère. Des faits établis sont toutefois de nature à l’accabler. Durant les jours de tuerie, et alors qu’une chasse à l’homme est déclenchée, Mohamed et Abdelkader Merah se voient à au moins trois reprises, indique Le Monde dans son édition de dimanche-lundi. Autre chose: Abdelkader, lors de sa première comparution devant un juge, semble approuver les assassinats de son cadet: «Je suis fier de la façon dont il est mort, il est mort en combattant, c’est ce que nous dit le Coran.»




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