L’armée suisse dans la pagaille

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Le chef de l’armée, Benedikt Roos, affirme que la Suisse n’a «pratiquement rien, absolument rien, zéro» pour se protéger contre des attaques de drones du type de ceux utilisés en Ukraine et au Moyen-Orient. D’autres hauts responsables galonnés admettent la lacune géante. L’entraînement militaire d’aujourd’hui est un jeu de fiction aux pions pipés. L’ennemi hypothétique est prié de nous attaquer comme au bon vieux temps. Le chef de l’armement, Urs Loher, a même lâché que la Suisse ne peut actuellement défendre qu’«environ 8% de son espace aérien» avec les moyens sol‑air existants. Les bunkers de la Seconde Guerre mondiale?
Il n’existe aucune menace de guerre à court et moyen terme. La Russie? Elle stagne non loin de sa frontière depuis quatre ans, subissant par ailleurs des attaques sérieuses sur son propre sol, en profondeur. L’imaginer envahissant l’Europe occidentale tient du délire. Même plus tard au vu de sa démographie et de son économie. Ce n’est pas une raison pour négliger à ce point la défense helvétique. Les drones peuvent être utilisés par des groupes terroristes inattendus. Mais, là aussi, surgit un problème: qui doit repérer et détruire des engins dangereux? La police? L’armée? Flou juridique et organisationnel. A la neutralité armée — les Suisses y tiennent — s’ajoute la nécessité d’une sécurité moderne. Y compris face aux jouets fous.
Une défense suisse sans cap clair
Face à ces défis de diverses natures, que fait notre ministre de la Défense? Le conseiller fédéral Martin Pfister n’a qu’un mot à la...
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