Trump croit à «la paix par la force». Il se vante d’avoir amené le cessez-le-feu – fort fragile – à Gaza grâce aux livraisons d’armes américaines à Israël engagé dans la destruction et le massacre. Voudra-t-il maintenant cogner la Russie en livrant à Kiev des missiles Tomahawk capables de détruire le Kremlin? Ce serait, pour Moscou, une déclaration de guerre à hauts risques. Au moment où les troupes des deux camps sont épuisées. Regards sur le terrain.
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Jour après jour, des centaines de drones russes bombardent des centres névralgiques ukrainiens. En retour, des vagues d’engins sophistiqués atteignent la Russie en profondeur, stations-services et raffineries de pétrole en particulier. Cette guerre à distance ne fait plier ni l’un ni l’autre camp. Et sur le front terrestre? En gros il ne bouge guère depuis des mois en dépit de quelques modestes avancées russes. Mais les deux armées sont à bout de forces humaines.
Nous avons pu converser avec un Russe d’envergure, libre d’esprit, actif depuis de nombreuses années dans le travail humanitaire, appelons-le Piotr. Il se rend fréquemment dans ce cadre au Donbass. Ses constats sont contrastés. La ville de Donetsk vit normalement, les gens travaillent, flânent sur les terrasses de bistrot, dans une apparente sérénité. Pourtant, chaque nuit, des tirs de drones eau d’artillerie atteignent des maisons. Les secours sont rapides. Aucun affolement.
Le souci numéro un est l’approvisionnement en eau. Un aqueduc a été détruit et le canal pourvoyeur est sur la ligne de front. Pourquoi ce calme néanmoins? Piotr a son idée. Les habitants de cette province aux aspirations autonomistes ont été assaillis et persécutés dès 2014. Les pessimistes l’auraient quittée, passant en Russie, et les optimistes seraient restés. Reste que cet «oblast», aujourd’hui formellement rattaché à la Russie, ne lui est pas totalement acquis. Tout comme les trois autres qui constituent le but central de «l’opération militaire spéciale»: Lougansk, Kherson et Zaporijia. Pour les compléter, Poutine a envisagé de proposer un échange avec d’autres territoires hors de cette zone qui pour lui est essentielle.
Les combattants, eux, ne rêvent que de paix
Piotr remarque aussi que les habitants de Donetsk semblent prêts à tendre la main à ceux des régions alentours restées sous contrôle ukrainien. Ils sont de même langue, de même histoire, divisés, artificiellement selon eux, par la guerre. Aucune haine n’est perceptible.





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