Les mystères de la conscience à la lumière de la science post-matérialiste

Le vendredi 5 avril à 20h, le célèbre écrivain Bernard Werber donnera son spectacle «Voyage intérieur» en première suisse. – © DR
Autant le dire tout de suite: entre les scientifiques matérialistes qui échouent à expliquer le processus de la conscience et ceux qui plaident pour une science non-matérialiste éclairante sur la question mais peinent à en apporter des preuves matérielles – pas facile quand on étudie l’immatériel! – la conscience reste un mystère qui divise la communauté scientifique. C’est donc bien dans le débat d’idées que réside l’intérêt de ces questions. Débat qu’éclairent toutefois les découvertes récentes, celles de la mécanique quantique, de l’astrophysique et de la recherche expérimentale en biologie par exemple.
D’un côté, donc, les scientifiques qui envisagent la conscience comme un processus «mécanique» du cerveau, lequel produirait la pensée comme le foie sécrète la bile. Sauf que les cellules de notre cerveau, en l’occurrence des neurones reliés entre eux par des axons, n’ont rien de différent des autres cellules du corps et ne permettent pas d’expliquer les processus mentaux. Ni d’autres phénomènes liés à la conscience, comme les expériences de morts imminentes, par exemple, évaluées aujourd’hui à plus de 60 millions dans le monde.
Manifeste pour une science post-matérialiste
De l’autre côté, insatisfaits par les explications neurologiques actuelles, un nombre de plus en plus important de scientifiques plaident pour une recherche embrassant l’existence tout entière, y compris le domaine de l’esprit. Sur l’impulsion de Mario Beauregard, chercheur en neurosciences à l’Université d’Arizona, plus de 500 médecins, neurologues, physiciens, biologistes et mathématiciens ont signé un Manifeste pour une science post-matérialiste. Parmi eux, d’éminents savants comme le chercheur en biochimie Rupert Sheldrake et le prix Nobel de physique Brian Josephson, pour n’en citer que deux.
Ce manifeste déclare que la démarche scientifique ne doit pas se limiter à l’hypothèse que tout est matière et que rien n’existe en dehors de celle-ci. Le document indique par exemple que «des travaux en psycho-neuro-immunologie montrent que nos pensées peuvent grandement influencer l’activité des systèmes physiologiques immunitaire, endocrinien ou cardiovasculaire connectés au cerveau».
La conscience antérieure à la matière
Ces savants postulent également que la conscience serait non seulement extérieure au cerveau, mais également antérieure à celui-ci. Autrement dit, ce n’est pas le cerveau qui produirait la conscience, mais bien la conscience qui engendrerait la matière. Si le fait que de plus en plus de savants souscrivent à cette hypothèse est nouveau, l’idée, elle, ne l’est pas: en 1931, Max Planck, l’un des pères de la physique quantique, prix Nobel de physique en 1918, affirmait déjà que la matière n’était qu’un dérivé de la conscience et qu’il n’existait pas de matière «en soi». De là à considérer que notre conscience pourrait survivre à la mort physique, il n’y a qu’un pas!
C’est à cette passionnante réflexion que le public du Salon des Thérapies Naturelles pourra prendre part du 5 au 7 avril prochain grâce à plusieurs invité.e.s, dont Valérie Seguin. Pour son documentaire Et si la mort n’existait pas, la réalisatrice est allée à la rencontre de nombreux experts. Parmi eux, le physicien Philippe Guillemant, médaillé de cristal du Centre national français de la recherche scientifique, qui défend publiquement l’idée d’une vie après la mort. Il affirme que l’âme est constituée d’informations immatérielles (donc hors du temps et de l’espace) permettant au corps physique de maintenir un bas niveau d’entropie – principe de dégradation de l’énergie – sans lequel il mourrait. Pour lui, il est donc sensé d’imaginer que ce champ d’information, l’âme, survit au corps et continue de vivre dans un autre ailleurs, énergétique et vibratoire. Albert Einstein n’écrivait-il pas déjà: «Je crois à une vie après la mort car l’énergie ne peut pas mourir. Elle circule, se transforme mais ne s’arrête jamais».
Des mondes invisibles
Par ailleurs, la physique nucléaire et l’astrophysique, dont les travaux actuels tentent de définir la structure du vide, planchent sur d’autres dimensions que celles que nous connaissons déjà. La mécanique quantique estime qu’en plus de ce qui est mesurable avec nos instruments actuels, il existerait ce que l’on appelle «le réel voilé» qui, lui, ne l’est pas, soit une réalité ultime, différente de la réalité apparente. Il a été démontré depuis la fin du XXème siècle que le vide contient de l’information et que, par définition, il existe donc des mondes invisibles.
S’agirait-il de cet autre ailleurs énergétique dont parle Philippe Guillemant? Celui-là même auquel accèdent les personnes faisant l’objet d’une expérience de mort éminente (EMI)? Car les explications actuelles de ces EMI restent insatisfaisantes. Comment justifier, en effet, qu’un cerveau mort puisse avoir des hallucinations? Et que les personnes revenues de cette expérience puissent décrire dans les moindres détails – confirmés par le personnel soignant – ce qui s’est passé pendant leur «absence»? Sans parler de la structure universelle des témoignages recueillis – lumière, sensation de félicité et de retour à la maison, communication télépathique, conviction que la mort n’est pas une fin, etc. – alors que le propre d’une hallucination est d’être idiosyncratique, à savoir différente pour chacun.
Pour les savants qui souscrivent au paradigme d’une conscience indépendante de la matière, l’intérêt de cette hypothèse est qu’elle permet d’expliquer de façon simple les EMI ainsi que de nombreux autres phénomènes encore inexpliqués: expériences de décorporation, hypnose, médiumnité, etc., lesquels font aujourd’hui l’objet d’études très protocolées. Or la capacité à expliquer un maximum de faits, de la manière la plus simple possible, n’est-elle pas la définition même d’une hypothèse scientifique valide?
Y’a-t-il une conscience universelle?
Notre incrédulité face aux phénomènes considérés comme «ésotériques» viendrait-elle du fait que nous vivons depuis des siècles dans le paradigme matérialiste? Notre science nous aurait-elle privés de toute une compréhension de l’univers et de la conscience dont les hypothèses ne sont pas prouvables par la méthode déductive? A l’inverse, la méthode inductive, fondée sur l’observation et la logique, a pourtant permis bien des découvertes: ainsi, certains textes indiens d’avant notre ère parlent déjà de cellules; de même que le mathématicien indien Aryabhata évalue avec exactitude, vers l’an 500, le temps nécessaire à la Terre pour faire le tour du Soleil. Il n’avait alors aucune preuve à faire valoir, pas même celle que la Terre était ronde! Sans parler de toutes les découvertes réalisées en Occident avant l’arrivée de la science actuelle.
C’est cette méthode inductive qu’utilise également l’auteur et journaliste Harry Roselmack, qui donnera deux conférences à Morges les 6 et 7 avril prochains, dans son ouvrage Il n’est pas trop tard pour naître (aux Editions Jouvence) résultat de l’enquête fouillée qu’il a menée sur l’espace et le temps – basée sur des connaissances scientifiquement prouvées celles-ci. Il y postule l’existence, à l’échelle de l’univers, d’une conscience non manifestée, dont la forme serait celle d’un concept d’information primordiale, et d’un «projet» universel dans lequel l’humanité aurait un rôle à jouer. Perché? Pas pour ceux, et ils sont nombreux qui, à l’instar des grandes traditions philosophiques, considèrent que l’âme est une parcelle du «divin» en nous, une particule de conscience universelle incarnée dans la matière.
Une conscience universelle comme un méga cloud informationnel auquel nous serions tous reliés et qui serait à l’origine de nos intuitions et de notre créativité. Nombreux sont aujourd’hui les philosophes, médecins et thérapeutes qui, à la suite de Carl Gustave Jung au siècle dernier, investissent le champ de l’âme et nous encouragent à nous y reconnecter. C’est ce que nous propose d’expérimenter l’auteur suisse David Perroud, également invité du Salon des Thérapies Naturelles, dans son livre Devenez génial, à l’heure où les machines deviennent intelligentes (Editions Jouvnce). Ou encore Bernard Werber, le célèbre auteur de la trilogie des fourmis, dans Voyage intérieur, un spectacle méditatif et interactif plus proche de l’expérience spirituelle que du divertissement. La science post-matérialiste ne nous invite-elle pas à embrasser enfin le domaine de la conscience et de la spiritualité?
Le Salon des Thérapies Naturelles fête ses 10 ans et sa 20ème édition du 5 au 7 avril 2024 au Théâtre de Beausobre, à Morges – Au programme:
– Voyage intérieur, spectacle en première suisse de l’écrivain Bernard Werber: 5 avril à 20h.
– Film-débat : Et si la mort n’existait pas en présence de la réalisatrice, Valérie Seguin: 6 avril à 13h et 7 avril à 16 h
– Conférence de l’auteur et journaliste de TF1 Harry Roselmack: 6 et 7 avril à 15 h
– Conférence de l’écrivain David Perroud: 5 avril à 18h, 6 avril à 17h et 7 avril à 14h.
– Conférence de la thérapeute et médium Johanna Awakening: 6 avril à 11h et 7 avril à 13 h
– Table ronde sur «Les Secrets de la conscience» avec Valérie Seguin, Johanna Awakening, Bernard Werber, Harry Roselmack et David Perroud: samedi 6 avril à 18h30
Ainsi que 140 exposants, 80 conférences, 60 ateliers et 10 espaces de soins.
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