La violente opération militaire de l’armée israélienne en Cisjordanie occupée, à Jénine et dans son camp de réfugiés a fait plusieurs morts, détruit des maisons et des rues. Cet acte de guerre n’a pas fait les gros titres ni suscité de protestations officielles à l’étranger. Certes, des groupes palestiniens utilisaient cette ville pour s’armer et préparer des attentas. Comment s’en étonner après des années de harcèlements et d’attaques menées par les colons juifs contre la population? Le journal «Haaretz», sous la signature de la grande journaliste Amira Hass, rappelle qu’il s’agit d’une politique de long terme, voulue et soutenue par l’actuel gouvernement et les précédents.
«Les colons israéliens ont été impliqués dans une moyenne alarmante de 95 attaques mensuelles contre des Palestiniens en 2023, selon les données recueillies par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU depuis le début de l’année jusqu’au 26 juin. Au cours des six derniers mois donc, environ 570 attaques de différents types, dont environ 160 ont causé des blessures physiques. Cela représente trois agressions par jour, y compris les samedis et les jours fériés.» Le journal précise qu’à cela s’ajoutent des intimidations quotidiennes. Les colons chassent les paysans de leurs terres, tuent leurs moutons, tirent en l’air. Ils sont protégés par l’armée. Des vignobles et des vergers sont saccagés. «C’est pourquoi le phénomène de la violence juive contre les Palestiniens en Cisjordanie (y compris à Jérusalem-Est) est largement sous-estimé, même dans les statistiques existantes et certainement dans la couverture médiatique israélienne.»
Comme l’a souligné Haaretz à plusieurs reprises, «ces attaques ont pour objectif principal d’usurper des terres palestiniennes privées et publiques en Cisjordanie. Les attaques des colons peuvent atteindre cet objectif plus rapidement que les méthodes institutionnelles utilisées pour s’emparer des terres – telles que l’expropriation de terres à des fins militaires, la déclaration de nouvelles « terres d’Etat », la légalisation des avant-postes des colons et l’octroi de permis de construire aux Juifs tout en refusant ces mêmes permis aux Palestiniens.»
Le correspondant à Jérusalem du Figaro précise que d’après l’ONG israélienne Peace now, 13’000 unités d’habitation ont été autorisées depuis le début de l’année, un record absolu en dix ans. Benyamin Netanyahou donne le feu vert à «une colonisation débridée». Le ministre des Finances Bezalel Smotrich est très clair sur son ambition de passer de 500’000 à un million de colons et vient d’obtenir les outils nécessaires à cette politique.




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