Roman

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Quand le trou noir de notre corps donne du sens à l’écriture

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Quand le trou noir de notre corps donne du sens à l’écriture

L’infarctus de l’un, et l’AVC de l’autre, ont suscité deux écrits relevant de la meilleure littérature. Sous la plume du fameux écrivain hongrois Péter Nádas, avec «La mort seul à seul», c’est le récit clinique saisissant d’une crise cardiaque lente à venir et d’autant plus violente par ses effets; et Bastien Hauser, dans son premier roman, «Une singularité», pousse encore plus loin l’observation scientifico-fantasmagorique d’un accident cérébral. Deux approches «cosmiques» du corps confronté à ses fins.

Jean-Louis Kuffer

Exister à l’ombre de sa sœur

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Exister à l’ombre de sa sœur

Récemment paru chez Campiche, le roman de Sonia Bächler intitulé «Mon Dieu, faites que je gagne» montre à travers un crescendo parfaitement maîtrisé ce que c'est que d'être la sœur d'une sportive d'élite sur laquelle se focalise sans cesse toute l'attention de la famille. Il décrit au passage la machine à broyer les destins que représente la compétition de haut niveau. L’auteure de cette autofiction force volontairement le trait avec le souci néanmoins de restituer le plus fidèlement possible la dérive d’une famille happée par le miroir aux alouettes de la réussite sportive. Entretien.

Sabine Dormond

Comment Pascale Kramer sublime le roman choral des familles

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Comment Pascale Kramer sublime le roman choral des familles

Du sujet rebattu, notamment dans les séries télé, du roman familial et de ses secrets, la romancière, qui y a déjà achoppé plusieurs fois, tire un «poème» saisissant à multiples voix, comme tissé par le temps aux doigts agiles. Ou comment une famille de Suisses moyens et ses quatre générations, entre 1977 et 2016, «fait avec» les choses de la vie, l’amour et la putain de maladie, en suivant l’évolution des mœurs et des mentalités, et comment la tendresse, bordel, suscite finalement (ou pas) l’indulgence.

Jean-Louis Kuffer

Et si l’enfer, c’était soi, tel que l’autre nous perçoit?

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Et si l’enfer, c’était soi, tel que l’autre nous perçoit?

Alors que son polar «Les abricots de la colère» vient d’être réédité par BSN Press deux ans après sa parution, Antonio Albanese publie aux éditions BSN Press /Okama un roman noir intitulé «Le complexe d’Eurydice». Il y transpose le mythe d’Orphée et Eurydice à un couple qui se forme sur un malentendu, une plaisanterie du narrateur prise au sérieux par la femme qu’il convoite et qui devient immédiatement déterminante de la manière dont elle le perçoit. Au point que le héros n’a d’autre choix pour lui plaire que de se conformer de plus en plus à cette projection mentale jusqu’à perdre complètement son identité et ses valeurs propres.

Sabine Dormond

Le cauchemar de la numérisation

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Le cauchemar de la numérisation

Avec son roman «A pied d'œuvre», Franck Courtès s’impose comme un Ian Levison à la française, un Zola du XXIème siècle. Ce récit à la fois très intime et très social est le témoignage d'un photographe qui renonce à son métier par dégoût de la numérisation et de l'exploitation de son travail artistique à des fins commerciales pour se vouer à l'écriture et qui, ce faisant, découvre la précarité inhérente à cette activité. Car si cette passion réclame énormément de temps, elle ne nourrit pas son homme, contrairement à l’idée que s’en fait le grand public. Même quand on a, comme Franck Courtès, l’honneur et le privilège d’être publié chez Gallimard.

Sabine Dormond

Quand Daniel Maggetti remue la soupe aux mots de sa tribu

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Quand Daniel Maggetti remue la soupe aux mots de sa tribu

Poursuivant sa quête identitaire personnelle en phase avec l’histoire des siens, autant ici qu’avec l’Histoire à grande hache, le fils de paysan tessinois devenu prosateur romand de premier rang et gardien du temple de notre littérature, retrace l’itinéraire de son aïeul et de sa mère venus d’Italie voisine en Suisse préservée de la guerre, dans un récit à double valeur documentaire et poético-affective, dont la saveur et la musicalité reposent pour beaucoup sur l’art de faire parler les mots.

Jean-Louis Kuffer

La Suisse centrale, le lieu où il ne peut rien arriver

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La Suisse centrale, le lieu où il ne peut rien arriver

Sous le titre «Ombres sur l’autre ville lumière», Serge Robert nous propose un roman en deux tomes pour un total de 742 pages, sans longueurs ni ruptures de style. Il y est question de sujets qu’il a personnellement expérimentés, notamment le choc culturel que cela représente pour un Français que de s’établir en Suisse centrale et certaines dérives de l’industrie des cosmétiques. Entretien.

Sabine Dormond

L’histoire russe et sa grande hache inspirent Gouzel Iakhina

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L’histoire russe et sa grande hache inspirent Gouzel Iakhina

Le roman russe à ne censurer sous aucun prétexte en cette rentrée littéraire: «Convoi pour Samarcande» de la Tatare quadra Gouzel Iakhina, folle saga d’une opération de sauvetage de 500 enfants menacés de mort par la famine et qui deviennent les symboles universels, dans une épopée à la Goya, de la détresse des victimes et de l’imprévisible solidarité humaine.

Jean-Louis Kuffer

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Cette Amérique un peu paumée qui nous ressemble étrangement

Après un premier recueil de nouvelles mémorables dans la lignée de Tchekhov et Raymond Carver ou John Cheever, intitulé «Le Paradis des animaux», l’auteur «sudiste» David John Poissant nous revient en force douce avec «Un bel esprit de famille», son premier roman analysant les tenants cruels et les aboutissants plus tendres d’une certaine déglingue familiale hautement représentative des errances individuelles, professionnelles ou affectives, de nos sociétés dites évoluées.

Jean-Louis Kuffer

L’immortalité de Kundera vous attend à la ressourcerie

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L’immortalité de Kundera vous attend à la ressourcerie

Revenir au grand écrivain disparu nous révèle son éventuelle actualité – tout dépend de notre lecture –, fût-ce trente-trois ans après la parution d’un de ses plus grands romans, mêlant une réflexion pénétrante sur les avatars et autres simulacres de la passion amoureuse et sur le déclin de la culture européenne, nos vanités mortelles et ce qui leur survit. Au moment de relire l’Œuvre: souvenir d’une rencontre en 1984…

Jean-Louis Kuffer