Réservé aux abonnés

Une enfance heureuse à la cure de Pailly dans le Gros-de-Vaud

Yves Tenret

Par Yves Tenret · Publié le 26 janvier 2024 · 9 min de lecture

Une enfance heureuse à la cure de Pailly dans le Gros-de-Vaud
Une ferme vaudoise à Essertines-sur-Yverdon (VD). - © Cossel - CC BY 3.0

Dans «Arpenté», livre tour de force au niveau du rythme, du mouvement et dans son économie de moyens, Alain Freudiger, en un long traveling à travers ses lieux d’enfance, explore une géographie fondatrice, les expériences qui y prennent corps, et confie l’illumination de la découverte de soi-même et de ses origines.

Sommaire

Il s’agit donc de cartographier une enfance, qui s’est passée dans la plaine agricole du Gros-de-Vaud, en milieu rural protestant, à Pailly, Oppens, Orzens, non loin d’Yverdon.

Temps et lieu

Le schéma de départ est spatial et déroule des lieux et des sensations à partir d’un plan non pas  linéaire mais en spirale et avec divers reliefs. Un parcours, la reconstitution d’un paysage avec ses hauts, ses bas, ses impressions sonores, visuelles, tactiles, ses zones de brouillard. La laiterie, les ponts de grange typiques de son «petit coin de terre vaudoise», le tas de fumier avec sa planche en bois qui permet à la brouette de passer dessus, la remorque à lisier, la fosse à purin, le convoyeur, tapis roulant, avec au centre du village, solide et massive, une grande fontaine de campagne à deux bassins.

Le sol

Cela commence par le sol parce que l’on passe beaucoup de temps au sol lorsqu’on est un petit enfant. On ne sait pas encore marcher, on se fatigue vite, on tombe, et la vue est plus courte. Il y a cette myopie enfantine, on regarde le proche, ce qu’on trouve sous la main, ce qu’on tâte, et puis à partir de ce point de vue, petit à petit la vue se développe et on voit l’environnement de manière un peu plus large mais toujours à partir d’un point très précis du sol. Au début donc, pour l’auteur, tout est sol et rien que sol, sol de l’enfance, sol socle. Il commence par décrire ce sol là où il est le plus dur, la route goudronnée, goudron et gravillons mêlés, son odeur forte, puis il passe au sable, à l’herbe, à la terre sèche ou boueuse, au gravier, au parquet, aux dalles, au tapis, aux couvertures. Oui, il s’agit d’arpenter ce territoire, et ce défilement va se retrouver dans l’écriture et avec le mouvement, ce détachement, cette impression de glisser sur les choses. Il s’agit aussi de prendre conscience de l’immensité de ce qui nous entoure, de la distance entre deux poteaux d’un but de football. 

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Ces vignes qui disparaissent

CultureArticle

Ces vignes qui disparaissent

Info-bagatelle? Peut-être, mais elle fait gamberger quiconque aime les saveurs du vin. La société issue de la coopérative viticole de Lutry, fondée en 1906, Terres de Lavaux, ferme ses portes. De nombreux vignerons de la région arrachent leurs vignes, ne trouvant pas de repreneurs. Et, comme partout, leurs bouteilles se vendent mal. Le paysage géographique et gustatif est en train de changer.

Jacques Pilet

Comment le triazole a contaminé le Léman

SantéEnquête

Comment le triazole a contaminé le Léman

Pendant des années, Syngenta a rejeté près de 60 tonnes de 1,2,4-triazole dans le Rhône, contaminant durablement l’eau potable de près d’un million de personnes. Alors que les autorités se veulent rassurantes sur les risques sanitaires immédiats, les conséquences à long terme restent incertaines. Entre contradictions administratives, lacunes réglementaires et secret industriel, nos recherches révèlent les difficultés à établir les responsabilités d’une pollution pourtant connue et surveillée depuis des années. Qui savait quoi, pourquoi personne n’a-t-il réagi plus tôt et qui paiera la facture ? Premier volet de notre enquête sur les façons dont Syngenta noie le poison.

Anne Voeffray

Les promesses de l’IA en sécurité occultent les risques qu’elle génère

Sciences et technologiesArticle

Les promesses de l’IA en sécurité occultent les risques qu’elle génère

Cela fait déjà un quart de siècle que la cybersécurité est devenue un sujet de discussions internationales, l’objet de recommandations techniques, organisationnelles et juridiques ainsi qu’un marché. Toutefois, des défauts de sécurité, des erreurs, des dysfonctionnements et des vulnérabilités impactent les infrastructures informatiques et continuent de nuire aux individus et aux organisations publiques et privées qui en dépendent. La cybersécurité fait partie de la stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité 2026. Eclairage.

Solange Ghernaouti