Le système de santé en Suisse : « Business first »


Le 29 septembre, les primes maladie 2027 ont été annoncées. Le même jour, on apprenait que les réserves des assureurs avaient encore grossi de 600 millions en une année. Les deux nouvelles ne se contredisent pas. Elles procèdent du même mécanisme.
Sommaire
Cinq pour cent de hausse, soit 412 francs de prime mensuelle moyenne. C’est la cinquième annonce consécutive de ce genre : +6,6%, +8,7%, +6,0%, +4,4%, +5,0% – soit près de 35% en cinq ans. La prime moyenne est passée de quelque 128 francs en 1996, année de son intronisation, à 412 francs en 2027. Elle a plus que triplé en trente ans. Le communiqué, lui, était écrit d’avance : une hausse, des regrets, le vieillissement de la population, le progrès médical, un rappel de la qualité exceptionnelle des soins suisses, et l’invitation faite à chacun de comparer les caisses pour économiser quelques francs.
Disons d’emblée ce que cet article ne vise pas. Il ne vise pas ceux qui, par leurs engagements et les prestations qu’ils fournissent, font tenir le système. Médecins, infirmières, ambulanciers, employés de caisse valent infiniment mieux que ce que l’architecture les contraint à faire, et compensent chaque jour, par du temps non facturé, ce que la structure dégrade. Le procès est celui d’un modèle et de ce qui s’est construit autour de lui, non de ceux qu’il épuise.
Concédons aussi ce qui est vrai. L’OCDE place la Suisse au premier rang pour l’espérance de vie, et notre mortalité évitable par traitement est la plus basse du monde développé : 34 décès pour 100’000 habitants contre 77 en moyenne. Nous traitons remarquablement bien un infarctus, un accident vasculaire, un cancer déjà diagnostiqué. Personne ne le conteste.




Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.