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Au grand débarras de mémoire, «Le vieil incendie» nous réchauffe

Jean-Louis Kuffer

Par Jean-Louis Kuffer · Publié le 8 décembre 2023 · 6 min de lecture

Au grand débarras de mémoire, «Le vieil incendie» nous réchauffe
© Tengyart via Unsplash

Petit ouvrage au grand pouvoir de suggestion et d’émotion, le quatrième roman d’Elisa Shua Dusapin nous parle en profondeur de nos vies avec une foison de détails qui ne disent, de loin, pas tout, nous invitant à combler ses secrets ou ses vides, ses hésitations ou ses manques, par les nôtres, les vôtres et les leurs...

Sommaire

Faut-il parler d’un livre parce qu’on en parle? Faut-il souscrire forcément à une adhésion que précède ou suit une flopée de prix littéraires, telle que la connaît ces jours la jeune Elisa Shua Dusapin, ou s’en méfier comme d’un effet de mode ou de conformité? Faut-il seulement lire Le vieil incendie de cette autrice poursuivant un «sans faute» de carrière sûrement impressionnant, avec quatre romans à la fois bien distincts l’un de l’autre et comme tenus ensemble par un même ton, un même fonds, une même voix et une même papatte?

Perso, quoique de la vieille garde du «monde d’avant» dont parle notre compère Roland Jaccard, je ne me suis pas posé la question en (re)découvrant, quelques années après sa parution, le premier livre de dame Elisa, Un hiver à Sokcho, à l’époque où, très fan de séries sud-coréennes, j’avais eu la lubie d’apprendre le hangeul (langue coréenne démarquée du chinois au XVème siècle) et enchaîné avec la lecture des Billes du Pachinko, où j’ai cru retrouver la «touche humaine» et l’atmosphère, la légèreté de touche et l’émotivité incisive de mes feuilletons coréens préférés, sans parler des mémorables films d’un Lee Chang-dong rencontré naguère, notamment…

Bref, c’est par le texte seul, loin du flafla publicitaire, que je suis entré dans l’univers singulier de cet indéniable écrivain, dont le regard et l’expression s’aiguisent encore loin de ses demi-origines, sous le ciel du Périgord que les sangliers craignent moins que ces abrutis de chasseurs humains. A petites phrases efficaces, au présent de l’indicatif pour traiter le retour du passé refoulé: voici donc, avec son titre impossible, Le vieil incendie…

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