diplomatie

L’Europe devrait renouer avec l’Afrique sans discuter
A force de crises et de maladresse diplomatique, l’Europe a laissé s’éroder son influence en Afrique. Celle-ci est pourtant un partenaire clé pour l’avenir européen. Tandis que la concurrence s’impose sur le continent, Bruxelles et ses Etats membres amorcent un timide réajustement. Mais pour renouer avec des partenaires africains lassés des leçons de morale et des doubles standards, un peu de pragmatisme et de modestie seraient bienvenus.

Le déclassement géopolitique de la Suisse est-il irréversible?
Même s’il reste très aléatoire de faire des prévisions, il est légitime de se demander aujourd’hui ce que nos descendants penseront de nous dans 50 ans. A quoi ressemblera la Suisse dans un demi-siècle? A quoi ressembleront l’Europe et le monde?

Droits de douane américains: une diplomatie de carnotzet et de youtse
Le déplacement de Karin Keller-Sutter et de Guy Parmelin aux Etats-Unis, pour tenter d’infléchir la décision d’une taxe supplémentaire de 39 % pour les exportations suisses, a été un aller-retour aussi furtif qu’inutile, la honte en rabe. L’image de nos représentants à Washington, l’air perdu, penauds et bafouillants, fixe définitivement l’expression «la Suisse est un nain politique».

Rencontre inédite avec le vice-président de la Douma russe
Non, il n’a pas de cornes ni de queue fourchue, ni même de couteau entre les dents. Il ne mange pas non plus d’enfants ukrainiens au petit-déjeuner. Piotr Tolstoy semble être un homme normal. Quoique. A la réflexion, l’arrière-arrière-petit-fils de l’écrivain Léon Tolstoï possède un sens de l’ironie et un franc-parler nettement au-dessus de la moyenne.

Sanctions: la Suisse fait du zèle … et puis s’oublie!
Lors de la dernière Conférence sur la sécurité en Eurasie à Minsk, j’ai eu le redoutable honneur de modérer le panel sur les sanctions, en présence de représentants des pays les plus vilipendés au monde. Pour dresser un état des lieux, j’ai fait une petite recherche pour voir comment l’on se représentait la chose.

Que faire face à l’Etat-paria?
Le mot était lâché en mai déjà par l’ex-ambassadeur et consul général d’Israël à New York, Alon Pinkas, révulsé par les agissements de son pays à Gaza, jugeant la réponse au 7 octobre disproportionnée et mal conçue. Il mettait le terme paria au conditionnel: «si cette trajectoire politique persiste». Or celle-ci a pris des proportions inouïes.
Et pendant ce temps…
On se lasse de tout. Même du spectacle le plus terrifiant. Le Moyen-Orient ne fait plus guère la une. Et pourtant! Suspense autour de l’Iran. Attaqué? Quand? Comment? Avec quelles conséquences sur l’Europe? On préfère ne plus y penser. Et aussi se détourner des massacres commis ces jours au Liban et à Gaza. Même la Suisse qui aime tant se poser en référence des droits humanitaires et internationaux...

Berlin étend son influence dans les anciennes colonies allemandes du Pacifique
Après avoir visité les Samoa, la ministre d'Etat aux Affaires étrangères allemande, Katja Keul, a travaillé au développement des relations bilatérales dans les îles Salomon et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Certaines parties de ces deux pays étaient autrefois des colonies de l'Empire allemand. L'intérêt soudain du gouvernement fédéral pour cette région du Pacifique s'explique par le fait que la Chine y gagne fortement en influence.

Que faire après le Bürgenflop?
Vingt-quatre heures à peine après que les tapis rouges eurent été remballés au Bürgenstock, le Secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg s'est précipité à Washington pour y appeler ses membres à faire payer la Chine pour son soutien à la Russie et leur réclamer encore davantage d'armes pour l'Ukraine. En matière d'engagement pour la paix, on a vu mieux. Même avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de ne pas voir le «Sommet de la paix» organisé par la Suisse comme un Bürgenflop, selon l'expression popularisée par l'ancien ambassadeur Georges Martin.

Le diplomate dans la fosse aux lions
J’ai été amenée à collaborer avec Jean-Daniel Ruch pour relire et corriger le texte original de ses mémoires. J’ai ainsi eu le privilège de prendre connaissance en avant-première de son livre «Crimes et tremblements». En le lisant et relisant, j’ai découvert un homme qui croit au dialogue, qui sait que seule la connaissance approfondie des uns et des autres peut permettre l’approche objective des problèmes soulevés et donc à l’espoir d’une résolution de ces derniers.

Comprendre le conflit ukrainien: le point de vue de Michael von der Schulenburg
L'ancien diplomate allemand Michael von der Schulenburg a donné courant mai un riche entretien à la «Weltwoche» autour de la guerre en Ukraine. Il y est question de diplomatie, des dynamiques de pouvoirs dans la région, et de la recherche de la paix dans l'ancien bloc soviétique.

Israël-Palestine: la solution à deux Etats est-elle toujours possible?
Pour la dernière fois le 23 décembre 2016, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2334 qui condamne la colonisation du territoire palestinien occupé par Israël et réaffirme le soutien de la communauté internationale à la solution à deux Etats sur la base des frontières de 1967.

Bain de paix à Genève
Le mot paix est tabou pour beaucoup. Si on la réclame illico en Ukraine ou à Gaza, on risque de méchants commentaires. Il n’empêche que ces jours, elle est à l’honneur à Genève. D’abord au plan de l’éducation. Il s’est tenu ce jeudi un vaste débat au Palais des Nations autour de ce thème. Comment, au-delà de l’actualité, s’imprégner d’un état d’esprit plus pacifique que belliqueux?

Accords de Genève de 1954: quand la diplomatie suisse brillait
C'est par une bise glaciale que s'ouvrit, le 26 avril 1954, la plus importante conférence de paix que la Suisse ait connue dans son histoire. Pendant 87 jours, les délégations des Quatre Grands – la Grande-Bretagne et la France étaient encore du nombre à l'époque, aux côtés des Etats-Unis et de l'Union soviétique – de la Chine, de l'Inde et d'une vingtaine de pays ont négocié sans relâche pour tenter de ramener la paix en Asie.

Frénésies guerrières
Les bombes continuent de tuer, ici et là. Et nous, dans le joyeux printemps, subissons le feu roulant des informations. On s’y habitue. Plus grand monde ne parle de paix. Les discours s’enflamment: il faut des armes, toujours plus d’armes. Dans le sillage des Etats-Unis, l’Europe, France en tête, n’en finit pas de nourrir l’hubris belliqueuse. La Suisse aussi.

Le chef de l’armée suisse patauge
L’idée de M. Ignazio Cassis, la convocation d’une «conférence de paix» sans la Russie, sur la base des revendications de l’Ukraine, est aux oubliettes. Sous la risée générale. Ses diplomates tentent d’amortir le choc de cette violation de la neutralité, assurent maintenir tous les contacts. Sans espoir de rétablir avant longtemps la réputation de «facilitatrice de paix» qu’eut longtemps la Suisse. Mais les gaffes continuent de s’accumuler.


