Face à l’Iran, un homme seul est sur le point de décider entre la guerre et la paix, entre l’offensive d’une armada ou les pourparlers. D’autres ont à choisir entre le prolongement d’un conflit abominable entre l’Ukraine et la Russie ou la recherche d’une issue. Que se passe-t-il dans la tête de ces tireurs de ficelles belliqueuses? Les uns et les autres sont pris au piège de leur rhétorique toujours plus enflammée.
Les conflits entre nations ont des causes historiques profondes. Le plus souvent oubliées ou manipulées. Mais à certains moments, c’est bien l’alchimie des pouvoirs qui trace le destin.
Après huit ans de guerre intérieure entre le gouvernement de Kiev et les provinces séparatistes du Donbass (2014-2022), quatre ans après l’agression russe du 23 février 2022, l’Ukraine reste plongée dans la tragédie. En dépit de l’épuisement de leurs soldats, ni Poutine ni Zelensky ne veulent la paix. Alors qu’aucun des deux camps n’est sur le chemin de la victoire ou de la défaite. En fait, tous sont perdants.
L’Ukraine ne récupérera pas les territoires occupés. Malgré le soutien européen massif, elle n’entrera pas de sitôt dans l’Union européenne et restera longtemps empêtrée dans ses malédictions internes: la corruption, les rivalités, les divisions culturelles. Elle se retrouve saignée dans sa substance, avec une population en décroissance en raison d’innombrables vies fauchées et de plus de six millions de réfugiés en dehors de ses frontières. La Russie est loin aussi d’atteindre ses objectifs territoriaux et politiques. La neutralité de sa voisine, de sa sœur historique, paraît hors de portée, tout comme l’influence des ultra-nationalistes héritiers du nazisme. Ses troupes n’avancent plus guère à l’est. Ses bombardements plus ou moins ciblés sur le centre et l’ouest ne modifient pas la donne. C’est au ras de la boue que se gagnent, ou pas, les guerres. Quant à sa population, plongée dans la nuit glacée, comptant ses victimes, elle est partagée entre sursauts de résilience et lassitude croissante. Lire la suite…