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Vieillir à l’ère transhumaniste

Victoria Grineva

Par Victoria Grineva · Publié le 1 octobre 2026 · 8 min de lecture

Vieillir à l’ère transhumaniste
© Depositphotos

Désormais, le vieillissement n’est plus une étape de l’existence mais un problème à résoudre, un phénomène à mesurer, à prévenir et, si possible, à repousser. Alors que, dans le même temps, ce qui faisait la force des anciens — l’expérience et le savoir — ne fait plus le poids face à une mémoire devenue numérique et à une intelligence artificielle capable de répondre à tout en quelques secondes.

Sommaire

«Et voilà que j’ai vieilli sans comprendre comment j’en suis arrivé là», constate Michael Caine dans le film Youth de Paolo Sorrentino, exprimant là un sentiment commun à tous les mortels. La vieillesse a longtemps été à la fois une expérience intime et l’aboutissement assez banal d’un cycle biologique: on naissait, on grandissait, on vieillissait. Notre époque, elle, semble beaucoup moins disposée à accepter cette dernière étape avec la même simplicité. Comme tant d’autres évidences autrefois considérées comme immuables, nous avons commencé à la mesurer, la découper, l’optimiser et, si possible, à en différer l’arrivée.

Une scène de Youth (2015), réalisé par Paolo Sorrentino.

Cette guerre contre le vieillissement est profondément transhumaniste: elle ne cherche plus seulement à mieux vivre avec les limites du corps, mais à les repousser, à les corriger et, si possible, à les dépasser. Le vieillissement cesse alors d’apparaître comme une étape naturelle de l’existence pour devenir un problème technique, mesurable et potentiellement négociable. Derrière cette logique se cache une vieille ambition humaine, reformulée par la technologie: faire du vieillissement non plus un destin, mais un paramètre.

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