Une tragédie capitaliste à la sauce Bollywood

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 22 décembre 2023 · 1 min de lecture

Une tragédie capitaliste à la sauce Bollywood

«The Railway Men», Shiv Rawail, Netflix, 4 épisodes.

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, une explosion a lieu à Bhopal, dans l’usine d’une filiale de la firme américaine Union Carbide qui produit des pesticides. Quarante tonnes d’isocyanate de méthyle se diffusent dans l’atmosphère de la ville du centre de l’Inde, provoquant des milliers de morts (entre 7’000 et 25’000) et près de 300’000 malades. Ce terrible accident est dû à des manquements dans les mesures de sécurité. En janvier 1989, Union Carbide verse 470 millions de dollars d’indemnités à condition que le gouvernement indien renonce à toutes poursuites. Ce ne sont pas les plus pauvres qui vont en profiter, on s’en doute. The Railway Men raconte comment des employés de chemin de fer ont sauvé des centaines de personnes de l’empoisonnement, au péril de leur vie. Peut-on faire d’une tragédie comme Bhopal un divertissement? La série sur Tchernobyl et celle sur Fukushima prouvent que oui. The Railway Men est un pur produit de l’industrie cinématographique indienne, laquelle n’a rien à envier à l’américaine en matière de productions mièvres et manichéennes (toute industrie du cinéma fait de même, y compris l’européenne). Les ficelles sont grosses mais on peut en profiter pour une fois de plus apprécier – si on a comme moi mauvais esprit – le cynisme du capitalisme et des politiciens qui le servent.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard