Le créateur romand qui brille en Allemagne


Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.
Accueil en toute simplicité, casquette sur la tête, l’œil vif, la parole franche. Il se souvient de son enfance à Fribourg, l’élève turbulent qui, à l’école déjà, adorait monter sur les planches. Il suit des études d’agronomie à l’EPFZ à Zurich, peut-être parce que son père travaillait à l’office fédéral de l’agriculture. «J’allais partout voir des spectacles et menais une vie de patachon!» Sa sœur handicapée et musicienne lui fait découvrir son art et lui donne le goût de l’opéra. Au point qu’un jour, lui vient une conviction, une révélation, une «épiphanie», ose-t-il dire. Il consacrera sa vie à l’opéra. Mais comment commencer? Le voyageur, qui parle le français, l’allemand, le schwyzerdütsch, l’anglais et l’italien, choisit Amsterdam, où il partage son temps entre un stage de mise en scène… et un emploi de gypsier-peintre. «J’aime le travail manuel.»
Ce surdoué, jamais en panne d’énergie, ne tient pas longtemps en place. Il s’élance dans les coulisses et sur les plateaux de plusieurs théâtres européens. Il devient l’assistant du metteur en scène Laurent Pelly, notamment à l’Opéra de Paris, à l’Opéra de Lyon, à la Santa Fe Opera et au Dutch National Opera d’Amsterdam.

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