Une mère à la mer


Dans son dernier livre, Chantal Thomas évoque sa mère, qui pratiquait la nage comme pour fuir les contraintes imposées aux femmes. Un portrait maternel à deux visages, celui triste de la femme au foyer et celui lumineux de la nageuse.
Sommaire
J’ai toujours pensé que le projet essentiel dans la vie des filles était de ne pas ressembler à leur mère. Dans son dernier livre, exercice funambulesque pratiqué sur un fil tendu entre les profondeurs de l’essai et les sommets du roman, Chantal Thomas en fait une démonstration décisive. Par exemple, comme sa mère est partisane de l’oubli et trouve que c’est horrible de se souvenir de tout, Chantal consacrera sa vie à l’Histoire.
Romancière et essayiste très célèbre, férue de XVIIIe siècle, de libertinage, de Don Juan, de Casanova et du Marquis de Sade, elle change ici de registre et se livre, dans un récit pudique et discrètement mélancolique, à une charge idéologique – jusqu’en 1930, on enferme la femme, on la prive de tout et en particulier de grand air, de liberté et de natation.
Le livre
C’est à la fois un livre sur l’enfance, celle de l’auteur, sur les sensations d’enfance, sur une mémoire toujours au présent, un livre sur la filiation, son rapport à sa mère, et de l’émancipation de celle-ci et une mise en perspective d’un lieu: le bord de mer, la plage.




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