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Une héroïne sibérienne

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 27 juin 2025 · 1 min de lecture

Une héroïne sibérienne

«Vis et souviens-toi», Valentin Raspoutine, Editions Noir sur Blanc, 284 pages.

La collection La bibliothèque de Dimitri – hommage au travail éditorial de Vladimir Dimitrijević, le fondateur des Editions L’âge d’homme – offre à lire ou relire de vraies merveilles. C’est notamment le cas avec Vis et souviens-toi de Valentin Raspoutine (1937-2015). Au début de l’année 1945, en Sibérie, sur les rives de l’Angara, Nastiona vit chez ses beaux-parents tandis que son mari, Andreï, est à la guerre. Or le voilà qui revient, mais sans le faire savoir car il a déserté. Il doit se cacher et Nastiona fait son possible pour l’aider. La vie est rude, loin de la ville et de la modernité, les dangers sont nombreux, notamment les voisins qui pourraient dénoncer Andreï. Ce récit a plusieurs dimensions. La vie des femmes, d’abord, dont les tâches sont innombrables. La nature, ensuite, qui ici n’a pas été totalement domestiquée. Les relations entre les gens, surtout, faites de préjugés, de conventions liberticides, de violence et d’incompréhension. Le personnage principal de Vis et souviens-toi est Nastiona. Plus qu’un personnage principal, il s’agit véritablement d’une héroïne. Son courage est extraordinaire au milieu des comportements ordinaires de celles et ceux qui l’entourent. Elle porte sur ses épaules un lourd fardeau – ses vieux beaux-parents, son mari déserteur, sa condition – avec tout à la fois beaucoup d’abnégation et un impressionnant vitalisme. Ce beau récit est «un poème en prose», dit l’éditeur. Ce qui est certain, c’est que Valentin Raspoutine parvient à décrire la nature humaine sans faire ni du naturalisme ni de la sociologie.

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