Un autre regard sur l’accueil des réfugiés hongrois en 1956

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 20 mai 2022 · 1 min de lecture

Un autre regard sur l’accueil des réfugiés hongrois en 1956

«Passé Simple», numéro 75, mai 2022, 42 pages.

La Suisse, on le sait, accueille sans rechigner des réfugiés ukrainiens. Voilà qui rappelle un autre grand élan de solidarité, celui de 1956, lorsque les réfugiés étaient hongrois, fuyant l’intervention des tanks venus d’URSS. La toujours passionnante revue Passé Simple nous rappelle quelques paradoxes qui ont marqué cet accueil. D’abord, Irène Herrmann, dans son édito, souligne: «Au moment où Budapest cède face aux chars de l’Armée rouge, la Suisse compte de nombreux travailleurs saisonniers. Ils vivent dans des conditions honteuses et la population songe alors rarement à s’en indigner.» Ensuite, Tiphaine Robert, l’auteure du dossier, rappelle que dès le début de 1957, les différences de mentalité entre les Suisses «consciencieux» et les Hongrois «impatients, dépensiers, volubiles» sont évoquées dans la presse et par les autorités. Enfin, des réfugiés indésirables furent fortement encouragés à rentrer dans leur pays: «Une note confidentielle de décembre 1957 trahi cette intention inavouée: « M. Tschäppät (chef de la Section réfugiés de la Division de police) relève que sur 13’000 réfugiés hébergés en Suisse, 7% sont peu intéressants. L’on saisit alors la première occasion de les interner dans des établissements pénitentiaires où ils travaillent sans salaire. En règle générale, ils manifestent alors plus ou moins vite le désir d’être rapatriés en Hongrie ».»

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