De l’encre, pour écrire sa vie


Le corps est la première propriété de l’individu. Mais aussi la représentation du soi social. Et si le tatouage a perdu son caractère transgressif, il demeure stigmatisant, osbserve la Fribourgeoise Gwendoline Sottas, qui regrette toutefois sa démocratisation.
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Elle s’estime «vieux jeu». Quand on parle démocratisation du tatouage, Gwendoline Sottas, alias Gwen Spleen, affiche son irritation. «Le tatouage est de plus en plus considéré comme un accessoire de mode, comme un sac à main!»
Elle, elle n’a pas encré ses jambes, ses bras, son torse, ses flancs, une partie de son ventre, le bas de son dos, un coin de son cou et ses phalanges pour suivre le mouvement collectif. Sur son corps, c’est son propre mythe qu’elle illustre. Avec les autres heavily tattoed (les très tatoués), elle partage la démarche personnelle. Une esthétique, pas une appartenance.
«C’est dingue, dans les années 1980 – donc il n’y a pas si longtemps – le tatouage était beaucoup plus marginal, quasiment l’apanage des tôlards ou des prostituées! Et aujourd’hui, les petits jeunes cherchent le tatoueur le moins cher qui acceptera de leur tatouer les mains ou le cou pour leur première pièce. Ils ne se rendent pas compte que ça leur fermera des portes, socialement et professionnellement. Ça craint.»




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