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Surveillance, censure: le plan «Going Dark» de l’UE est en marche

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 18 juillet 2025 · 5 min de lecture

Surveillance, censure: le plan «Going Dark» de l’UE est en marche
© Shutterstock

Ce vaste programme conçu par l’Union européenne en 2023 a été relancé ce 25 juin. Il s’agit d’inciter les Etats membres à accélérer les mesures de surveillance des réseaux sociaux et même des mails. Pour lutter contre la «désinformation». Autrement dit: ce qui contrarie les discours officiels. Pourquoi cette offensive maintenant?

Sommaire

Trois Etats d’Europe, France, Allemagne, Grande-Bretagne, en graves difficultés économiques, annoncent de fortes augmentations de leur budget militaire. Plusieurs autres pays suivent, plus ou moins, le mouvement. Cela au nom de la «menace russe» que le président Macron et le chef de l’armée française ont nommément citée. Comme si la Russie qui peine depuis des mois, à ses portes, à conquérir quelques villages ukrainiens allait envahir l’Europe occidentale. Comment cette hypothèse folle peut-elle ainsi s’étendre? Emmanuel Todd en appelle à la «géopsychiatrie»! On peut avancer d’autres explications rationnelles.

La fortune des riches a doublé en dix ans. Chut!

Cette mobilisation des esprits permet de détourner l’attention de certains sujets embarrassants pour les pouvoirs. A commencer par une tendance lourde: la concentration de la richesse entre les mains des mieux nantis et l’appauvrissement de la classe moyenne en particulier. La fortune des milliardaires en Suisse a plus que doublé ces dix dernières années. Cette inquiétude d’une grande part des peuples européens face à l’avenir justifie plus que jamais la surveillance des communications privées. Afin qu’elle n’éclate pas trop bruyamment au grand jour. Macron, qui malgré ce contexte, entend dépenser toujours plus pour l’armée a été assez explicite dans son discours du 13 juillet, parlant de la «sécurité cognitive». Appel à faire face aux manipulations, aux fausses informations, aux ingérences extérieures «dans tous les domaines». Que de telles manœuvres se produisent, on le sait depuis longtemps. Il n’a pas fallu cette prétendue «menace russe» pour nous ouvrir les yeux. Nous avons appris à décoder les propagandes. Celles aussi des puissances occidentales? 

Museler la colère populaire tant que faire se peut

Depuis les mensonges devant justifier les guerres en Irak et ailleurs, on sait que les Américains sont maîtres en la matière. Qu’ils disent vrai ou pas, ils dominent le «récit occidental», relayés par leurs agences de presse et tant d’autres canaux, docilement repris par la plupart des médias (pas tous!) d’Europe occidentale. Une fois posé que le camp du Bien affronte ceux du Mal, les journalistes évitent d’aller à contre-courant. Il en va souvent de leur carrière. Un certain unanimisme s’installe dans les opinions publiques sur plusieurs sujets. Même les partis d’opposition hésitent à contrecarrer le discours dominant. A l’exception peut-être de l’Allemagne où l’AfD et le BSW s’en prennent vivement, avec nombre d’autres voix, au bellicisme ambiant et à une censure active des réseaux. En France, les réactions critiques aux discours enflammés du chef de guerre Macron ont été bien timides. A gauche comme à droite. Dans plusieurs parlements nationaux, les sièges confortables. Salaires convenables, forfaits de frais généreux, primes diverses, indexations régulières sur le coût de la vie. A cet égard, l’assemblée de l’UE est caricaturale. Ces députés vivent dans une bulle de confort coupée des réalités du bas peuple. Plutôt que de s’en faire les porte-paroles, ils songent plus à tout faire en vue de leur réélection. Prêts à des compromis douteux, aux prises de bec partisanes certes, mais veillant à ne pas contrarier sur le fond la vision dominante.

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