Quand le racisme est plus effrayant que le surnaturel

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 13 août 2021 · 1 min de lecture

Quand le racisme est plus effrayant que le surnaturel

«Lovecraft Country», Matt Ruff, Editions 10-18, 480 pages.

Comment réunir en un même livre de la science-fiction, un hommage au genre pulp et une description froide et lucide de la ségrégation raciale aux Etats-Unis? Matt Ruff y parvient avec brio dans Lovecraft Country. Plusieurs histoires s’y côtoient et s’y entremêlent, chacune avec un autre narrateur mais mettant toutes en scène les mêmes personnages et formant au final un seul récit, avec un début et une fin. Tout cela se passe aux Etats-Unis, au milieu des années 50. De retour de la guerre de Corée, Atticus va affronter tout à la fois des forces magiques et le racisme systémique dont lui est sa famille sont victimes depuis longtemps – et encore pour longtemps. Ainsi, certains policiers sont non seulement racistes mais en plus ils appartiennent à des confréries pratiquant des rites ésotériques et dont certains membres sont doués de pouvoirs extraordinaires. Un riche héritier, à l’ancêtre duquel appartenait une esclave qui se trouve être l’aïeule d’Atticus, va tenter d’utiliser ce dernier pour de sombres machinations. Au fil des pages, on se rend compte que le plus horrible, le plus effrayant, ce n’est pas le surnaturel mais le racisme ordinaire.         

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard