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Par nos racines et nos sources, le paysan survit en nous

Jean-Louis Kuffer

Par Jean-Louis Kuffer · Publié le 17 mars 2023 · 10 min de lecture

Une série alémanique diffusée à l’international, «Neumatt», et deux livres de grande qualité, «Faire paysan» de Blaise Hofmann et «Les Sources» de Marie-Hélène Lafon, constituent trois approches d’une réalité souvent problématique voire douloureuse à de multiples égards, mais qui restera, à l’avenir, notre affaire à tous...

Sommaire

«La Suisse trait sa vache et vit paisiblement», écrivait Victor Hugo dans La légende des siècles, cliché obsolète pour d’aucuns mais qu’on aurait tort de rejeter avec mépris, comme l’a compris Isabelle-Loyse Gremaud qui en a fait le titre (assorti d’un point d’interrogation…) d’un spectacle-témoignage auquel ont participé une trentaine d’agriculteurs de nos régions et qui tourna en Suisse romande il y a deux ou trois ans de ça.

Or cette même citation réapparaît dans le dernier livre de Blaise Hofmann, intitulé Faire paysan et relançant lui aussi le dialogue avec de nombreux paysans aux multiples expériences, et j’y ajouterai ici trois vers en bonus: «La Suisse trait sa vache et vit paisiblement. / Sa blanche liberté s’adosse au firmament», et en début de strophe: «La Suisse dans l’histoire aura le dernier mot. / Puisqu’elle est deux fois grande, étant pauvre, et là-haut; / Puisqu’elle a sa montagne et qu’elle a sa cabane»…

Dans la foulée des anti-clichés farouches, je me rappelle en outre le vif agacement de certaine ministre de la Culture lausannoise à la seule évocation de la formule fameuse de notre cher Gilles pour qui Lausanne était «une belle paysanne qui a fait ses humanités».

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