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Martyre arménien

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 22 septembre 2023 · 3 min de lecture

Martyre arménien
Les dégâts d'un bombardement azéri sur Stepanakert, capitale de la république du Haut-Karabagh, lors de la guerre de 2020 opposant l'Azerbaïdjan à l'Arménie. - © Narek Avetisyan - CC BY-SA 4.0

Certes il y a des conflits d’une autre ampleur, des champs de guerre ou de tensions meurtrières incomparables. De l’Ukraine au Soudan, de la Cisjordanie au Yemen. Mais ce qui est arrivé dans le Haut-Karabagh ne peut laisser indifférent et pose bien des questions sur la marche du monde.

Cette enclave peuplée d’Arméniens, territoire de 3’170 km2 qui comptait 150’00 habitants en 2015, la plupart chrétiens, a été attribuée à l’Azerbaïdjan musulman par Staline. Après l’effondrement de l’URSS, ses dirigeants ont tenté en vain de proclamer leur indépendance, maintenant cependant une certaine autonomie, des autorités propres, avec l’appui de la République d’Arménie voisine et des Russes. Depuis trente ans, les conflits se multiplient avec le voisin azéri, fort de ses dix millions d’habitants, soutenu par la Turquie et les Occidentaux intéressés à sa richesse pétrolière. Entre les deux peuples la haine ne cesse de couver. Le souvenir du génocide de 1915, de la marginalisation des Arméniens par le Traité de Lausanne de 1923, l’héritage de la tutelle soviétique, pèsent encore profondément. Il est juste de dire aussi qu’à diverses reprises les forces armées du Haut-Karabagh ont débordé de leur territoire, brûlé des mosquées. Comme dans le camp adverse, à une bien plus grande échelle, on a détruit des églises et des trésors du patrimoine chrétien.

Deux accords internationaux ont maintenu le calme un certain temps. En 1994, grâce à l’OSCE, avec l’appui de la France, des Etats-Unis et de la Russie. Après divers épisodes violents, nouvel armistice en 2020, avec la présence d’un contingent de maintien de la paix de la fédération de Russie comptant 2’000 soldats. Et cette année, comme on sait, l’homme fort d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, décrète un blocus qui affame la population de l’enclave, puis engage une guerre-éclair, bombarde le territoire pendant 24 heures. Et les Arméniens, sans aucun espoir face à cette puissante armée, se rendent et se soumettent. Leur avenir est sombre.

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