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Manola Asensio, danser sa vie sur une corde raide

Martin Bernard

Par Martin Bernard · Publié le 28 août 2026 · 12 min de lecture

Manola Asensio, danser sa vie sur une corde raide
© DR

De Montreux à New York et Londres, Manola Asensio a connu une trajectoire hors du commun. Première Suissesse à atteindre le rang de «Prima Ballerina» au sein d’une grande compagnie anglo-saxonne, elle a travaillé avec deux géants de la danse du 20e siècle, George Balanchine et Rudolf Noureev. A 83 ans, habitant dans les hauts de Lausanne, elle raconte pour la première fois une vie faite de passion, de sacrifices, de rencontres et de ces étranges «signes du destin» qui n’ont jamais cessé de guider ses pas.

Sommaire

Eté 2019, Vevey. La Fête des vignerons, inscrite depuis peu à l’Unesco, attire comme il se doit un public très nombreux. Dans les gradins, une dame de 76 ans et son mari hémiplégique ne cachent pas leur joie d’avoir fait le déplacement, qui n’a pas été simple compte tenu de l’état de santé de Monsieur.

Durant le spectacle, une magnifique danseuse en costume de libellule survole l’arène avec «une grâce infinie». Manola Asensio se remémore avec clarté le vol de cette libellule, qui donnait à la représentation une «merveilleuse légèreté». «J’ai appris seulement après l’événement, en lisant l’Illustré, que c’était l’une de mes anciennes élèves qui interprétait ce rôle», sourit Manola Asensio, qui a accepté de me rencontrer il y a quelques semaines, pour me confier le récit de sa vie. Une première.

Dans son appartement des hauts de Lausanne, rien ne laisse transparaître son passé, si ce n’est une certaine démarche étonnamment aérienne. Manola Asensio a connu un destin extraordinaire. Elle demeure, à ce jour, la danseuse étoile helvétique au parcours international le plus prestigieux. Seule Suissesse à s’être hissée au sommet de compagnies aussi renommées que le New York City Ballet et le London Festival Ballet, elle est également la première à accéder au rang de Prima Ballerina (étoile) au sein d’une grande compagnie anglo-saxonne. Une trajectoire d’autant plus singulière qu’elle l’a menée auprès de deux monstres sacrés de la danse du 20e siècle: George Balanchine et Rudolf Noureev, avec lesquels elle a directement travaillé.

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