Il ne vous aura pas échappé que, au fil de mes contributions, je n'ai jamais été un adulateur du néolibéralisme et de l'atlantisme mais plutôt un fervent défenseur du libéralisme authentique, à savoir celui qui promeut la libre concurrence des idées et des théories économiques et politiques, et une compétition raisonnable des pays entre eux, en lieu et place de l'hégémonie d'une seule doctrine ou d'une seule puissance, aussi fondées et estimables soient-elles. Il n'est rien de pire qu'un monopole. Surtout quand il est celui de la pensée.
C’est pourquoi j’ai souvent critiqué l’hyperpuissance américaine, les ambitions niveleuses de l’Union européenne et la soumission à l’OTAN. Pour moi, le monde est plus beau, l’économie plus prospère et l’humanité et l’environnement mieux préservés quand ils sont multiples et diversifiés. Dans cet esprit, je ne suis pas favorable à une «défaite» des Etats-Unis, ni à une implosion de l’Europe ou à un effondrement de l’OTAN, sachant bien que la nature a horreur du vide.
Penser les événements en termes de défaite totale de l’adversaire, ou de victoire absolue de son camp, ou en termes de Bien contre le Mal comme on a de plus en plus tendance à le faire, est une perversion de l’esprit qui ne peut qu’aboutir à de tristes résultats et à de sévères déconvenues, comme on le verra avec l’issue des guerres en Ukraine et en Palestine. A un moment donné, comme il convient dans un litige commercial, il faut procéder à un arbitrage juste et neutre. Et tout faire pour créer les conditions pour qu’un tel arbitrage, ou de sincères négociations, aient lieu.
A propos des Etats-Unis et du monde multipolaire précisément, je considère que les jeux sont loin d’être faits, même si je souhaite davantage de multipolarité et un peu moins d’hégémonisme culturel et militaire nord-américain. Les partisans de l’atlantisme peuvent d’ailleurs se rassurer. Ils ont encore de beaux jours devant eux.






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