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Le rêve «ouf» continue

Loris Salvatore Musumeci

Par Loris Salvatore Musumeci · Publié le 17 janvier 2025 · 2 min de lecture

Le rêve «ouf» continue

«L’amour ouf», un film de Gilles Lellouche, 2h40.

Plus de 5 millions d’entrées pour L’amour ouf. Les salles ne désemplissent pas. Les jeunes tout particulièrement ont afflué. Public qui boude pourtant d’habitude le grand écran pour lui préférer des séries visionnées chez soi. C’est la soif d’aventure qui a appelé la jeunesse dans les salles. Que notre société calculatrice et monotone entende le message. Mais de quelle aventure parle-t-on? De celle du grand amour d’une vie, d’un «amour ouf» autrement dit. De s’élancer imprudemment en mobylette, de faire l’amour dans les champs, de danser jusqu’à l’étourdissement des corps et des âmes. Loin des Tinder et autres plateformes de rencontres, ce dont rêvent les jeunes, sans doute naïvement, c’est d’une grande histoire, à la vie à la mort, d’un Roméo et d’une Juliette, excellement mis en scène avec Jackie et Clotaire pour notre époque. Ou presque… L’amour ouf est ambiancé dans les paysages industriels et somptueux, tout travaillés par des codes de couleurs magnifiques, dans la France des années 1980 et 1990. Ce qui fascine tant dans ce petit chef-d’œuvre c’est sa force nostalgique, passant des tubes de ces années, offrant le spectacle d’une jeunesse certes perdue mais libre et insouciante. En prenant le meilleur des codes du cinéma hollywoodien, tout en l’alliant à la sensibilité sociale des films anglais, sublimant le tout par le romantisme français, L’amour ouf devient un rêve. Il donne envie de rêver au prochain amour, de s’aventurer vers la prochaine rencontre, de retrouver sa jeunesse, y plongeant tout son être, au risque de se casser. Car la vie est tragique, oui, nous rappelle le film, oscillant constamment entre la fable et le réalisme cru. Mais c’est bien parce qu’elle est tragique, cette vie, qu’il faut savoir rêver d’amour. Que ce rêve ouf continue, dans les salles et dans nos existences. «J’étais jeune. J’étais entouré de choses moches. Votre fille c’était la seule chose belle que j’avais.»

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