Pour Anselme Jappe, le béton incarne la logique capitaliste. Il est le côté concret de l'abstraction marchande, et comme elle il annule toutes les différences. Produit de manière industrielle et en quantité astronomique, avec des conséquences écologiques et sanitaires désastreuses, il a étendu son emprise au monde entier en assassinant les architectures traditionnelles et en homogénéisant par sa présence tous les lieux.
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Béton, arme de construction massive du capitalisme, d’Anselm Jappe, est une mise en accusation du deuxième matériau le plus utilisé au monde après l’eau. L’auteur s’y prend parfois de manière surprenante, comme lorsqu’il oppose Opération béton, le film de 1955 de Jean-Luc Godard sur la construction du barrage de la Grande-Dixence, à Mon oncle (1958), le chef d’œuvre de Tati. Ce dernier critiquant l’architecture moderne tandis que Godard encenserait les grands travaux de génie civil.
Les méfaits du béton selon l’auteur? Il détruit les fonctions écologiques les plus essentielles: pollinisation, contrôle des marées, production de l’oxygène, purification de l’eau. Et le sable, la matière première utilisée dans la fabrication
du béton, est devenu, à force d’être surexploité, une ressource précieuse aux mains de diverses mafias dans de nombreux pays.






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