L’énergie, nerf de la guerre


On a entendu tout et son contraire sur le dernier sommet des BRICS à Johannesburg. Victoire et défaite de la Chine, isolement de la Russie et succès russe, élargissement réussi mais ambitions financières mises en échec, club de carpes et de lapins et front d’opposition contre l’hégémonie occidentale, etc. Certains espéraient une rupture révolutionnaire avec l’ordre établi et d’autres le début de la fin du dollar, tandis que beaucoup, au Nord, souhaitaient un échec.
Rien de tout cela n’est advenu. Au contraire, le déroulement de cette rencontre frappe par sa modération, son sens des équilibres mondiaux et sa vision stratégique. Ce sont autant de gages de réussite pour l’avenir. Le basculement économique du monde, que nous avons souvent évoqué dans ces colonnes depuis dix ans, est désormais entré dans sa phase politique, mais sans tambours ni trompettes. Et c’est tant mieux ainsi.
Premier constat, la longue déclaration finale prend grand soin d’affirmer que le mouvement des BRICS ne s’inscrit pas contre l’Occident mais veut s’insérer dans l’ordre international existant tel que défini par la Charte des Nations Unies. Pas de tabula rasa, mais une volonté clairement exprimée de rééquilibrer la fameuse «gouvernance mondiale» en faveur du Sud global. Idem pour l’économie: le libre-échangisme et le libéralisme ne sont pas remis en cause, ni même le dollar. On veut simplement faire monter en puissance les échanges en monnaies locales dans le commerce bilatéral. C’est modeste mais réaliste, et probablement beaucoup plus efficace à terme que des grandes annonces jamais suivies d’effets.



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