Jean-Jacques Pauvert, un grand amour

Yves Tenret

Par Yves Tenret · Publié le 2 juillet 2021 · 1 min de lecture

Jean-Jacques Pauvert, un grand amour

Brigitte Lozerec’h, «Au diable Pauvert», Editions Gallimard, 240 pages.

Livre au puissant charme tragique et d’une grande pudeur qui raconte la vie, le déclin physique et la mort du meilleur connaisseur mondial du Marquis de Sade et du dernier grand éditeur de sa génération vu à travers une passion amoureuse. Premier éditeur officiel au monde du Marquis, on lui doit aussi Histoire d’O, la fameuse collection Libertés, des livres de Breton, Bataille, Siné, Debord, Vian, Annie Le Brun et de tant d’autres encore. Séducteur notoire, il jouissait de ce que des femmes se disputent entre elles à cause de lui, qu’elles soient jalouses. Cela lui rappelait que sa mère et sa grand-mère se disputaient «ses grâces et son attachement». Il vit un drame absolu. Son fils adoré, «le seul être qu’il avait aimé sur terre», plongeur, se noie. Il inspirait de la méfiance dans son milieu professionnel, était un peu voyou. S’il fut parfois cruel avec la narratrice néanmoins,  un an avant sa mort, il l’épouse. Il a à ce moment-là 88 ans, elle, 67, elle l’a rencontré quand elle en avait 21 et cela fait 40 ans qu’ils se fréquentent. Il n’avait pas d’amis. Il aimait les groupies. Le dernier mot de sa vie sera un au revoir dit à Annie Le Brun. Juste après son dernier soupir, il a un léger sourire. Cela a lieu en 2014, 200 ans après la mort de Sade en 1814.

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