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«J’accuse», l’honneur perdu des hommes

Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 15 novembre 2019 · 4 min de lecture

«J’accuse», l’honneur perdu des hommes
Roman Polanski et Jean Dujardin sur le tournage de "J'accuse". - © Gaumont Distribution

Le nouveau long-métrage de Roman Polanski, une reconstitution de l'affaire Dreyfus, est sorti en salles ce mercredi, sur fond de polémiques. Le réalisateur, à nouveau accusé de viol, nie et s'identifie à son protagoniste. Une étrange position, d'autant que "J'accuse" porte sur les hommes un regard sombre et pessimiste.

Sommaire

Au lendemain d’une série d’avant-premières parisiennes perturbées par des activistes féministes, la majorité du public venu voir le dernier film de Roman Polanski, J’accuse, était composé de femmes. Un public qui avait choisi, vraisemblablement, de séparer l’homme de son oeuvre. Polanski s’est lui-même comparé au capitaine Alfred Dreyfus, mais en dépit du battage médiatique soulevé par la nouvelle «affaire Polanski», il est difficile – au premier abord – de voir dans J’accuse un plaidoyer pro domo. 

L’histoire est connue. Officier d’état-major, juif, Dreyfus est accusé à tort, en 1895, d’espionnage au profit de l’Allemagne, condamné et dégradé publiquement, déporté sur l’île du Diable, réhabilité 11 ans plus tard au prix du combat acharné du colonel Picquart, secondé par Emile Zola, auteur de la célèbre lettre ouverte au Président de la République dans L’Aurore, « J’accuse ». Le film est l’histoire de ce combat, qui laisse un goût amer à plus d’un titre. 

Histoire sans fin

Sur la forme, c’est une réussite sans fautes. Polanski est un grand metteur en scène. Les images sont sublimes. Parce qu’il se déroule presque entièrement dans le milieu militaire, le film est saturé des couleurs de l’uniforme de l’armée française, le rouge garance, le bleu et les dorures des boutons des brandebourgs. La réalisation nous épargne les clichés, les plaisanteries grasses, la camaraderie de régiment, la musique explicative. Tout est compassé, millimétré.

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