Il ne faut jamais mépriser son adversaire

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 18 mars 2022 · 1 min de lecture

Il ne faut jamais mépriser son adversaire

«Le chirurgien de Diên Biên Phu», Jean-Pierre Pécau et Vladimir Davidenko, Editions Delcourt, 60 pages.

Cette bande dessinée est très décevante. C’est fort ennuyeux, car elle traite d’un sujet passionnant: la bataille de Diên Biên Phu, (13 mars au 7 mai 1954). Cette défaite en Indochine est le début de la fin de l’empire colonial français. C’est aussi une tragédie guerrière pour les hommes – notamment des légionnaires – qui se retrouvèrent pris au piège dans cette cuvette du nord du Vietnam. Une tragédie qui hante l’œuvre de l’écrivain et cinéaste Pierre Schoendoerffer (mort le 14 mars 2012), lequel l’a vécue alors qu’il était incorporé au Service cinématographique des armées. Il est d’ailleurs présent dans la BD, notamment dans une scène reprise tout droit de son film Diên Biên Phu (1992). Le chirurgien Jacques Gindrey, personnage central du récit, a lui aussi réellement existé; il est décédé le 11 février 2021. Ce qui ne va pas dans Le chirurgien de Diên Biên Phu, c’est le scénario, un peu bâclé et qui se contente de transformer en clichés les événements déjà traités dans les nombreux livres de témoignages sur la bataille. Une bataille perdue en grande partie par la faute de l’état-major français qui a totalement sous-estimé la force et la valeur réelles de l’armée Viêt Minh. Il ne faut jamais mépriser son adversaire.            

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