Leçon d’histoire via un fait divers

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 7 juillet 2023 · 1 min de lecture

Leçon d’histoire via un fait divers

«Double meurtre à Genève en 1820», Passé Simple numéro 86, 42 pages.

Le numéro double juin-juillet du mensuel romand d’histoire et d’archéologie – dont nous ne dirons jamais assez de bien – est riche en sujets et en réflexions passionnantes. Il y a d’abord l’éclairage d’Olivier Meuwly sur l’influence – tout à fait moindre – des Romands ayant participé à la rédaction de la Constitution de 1848 sur celle-ci. Deux autres éclairages, ensuite, ceux de Dorothée Bender et de Caroline Bornet-Salamin, évoquent la manifestation féministe qui a eu lieu le 4 mars 1978 à Fribourg; une occasion de se souvenir que les progrès sociaux sont souvent acquis par des mouvements contestant l’ordre établi. Le point fort de ce numéro est le dossier de Pierre Flückiger sur les deux homicides commis à Plainpalais le 30 octobre 1820. Lors d’un cambriolage, des individus égorgent un maître de maison et sa servante. Au-delà de la description des faits – et du dessin représentant la scène du crime – il y a d’intéressantes indications sur la vie à Genève au début du XIXème siècle. La procédure criminelle de ce cas comporte environ mille feuillets aux archives de l’Etat de Genève; les enquêteurs entendent 212 témoins ou suspects. On en apprend ainsi sur les différences sociales, sur la composition de la population, sur les mœurs, sur les institutions, sur la guillotine genevoise qui, entre 1799 et 1862, servira à décapiter 41 personnes, dont, en 1821, les deux coupables du double meurtre de Plainpalais.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard