Chine: une application qui trace les individus pas à pas

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 9 mai 2019 · 1 min de lecture

Chine: une application qui trace les individus pas à pas
En cas de soupçons, de quelque nature qu’ils soient, les «déviants» sont envoyés dans les camps d’internement. - © PxHere

Le correspondant en Asie de la «NZZ», Patrick Zoll, rapporte le constat de Human Rights Watch: la police chinoise expérimente un nouveau moyen d’espionner les individus dans leur vie quotidienne. En suivant de près leur usage du téléphone portable, rendu de fait obligatoire.

L’expérience a lieu dans une province reculée, au nord-ouest de la Chine, le Xinjiang. Peu peuplée (22 millions d’habitants), mais avec de nombreuses minorités ethniques, dont les ouigours musulmans. Grâce à l’intelligence artificielle qui permet de rassembler d’énormes quantités de données, la police peut détecter toute «anomalie» dans le comportement quotidien de chacun. Installer ou désinstaller des applications, renoncer quelques jours à l’usage du portable, se déplacer dans des endroits non régulièrement fréquentés… Tout cela est noté, considéré comme suspect. Une absence prolongée du domicile est aussitôt et automatiquement rapportée à la police qui peut alors aller interroger les proches.

Les Ouigours musulmans, mais aussi les chrétiens (évangélistes) sont dans le collimateur. En cas de soupçons, de quelque nature qu’ils soient, les «déviants» sont envoyés dans les camps d’internement, dont l’existence a été longtemps niée, reconnus aujourd’hui par les atorités mais sous le terme de «centres d’apprentissage». Même dans le monde orwellien de la Chine, on a le sens de l’humour. Noir.


Pour lire l’article original, c’est par ici!


Sur le même sujet:

Qui arrêtera la conquête chinoise?– Amèle Debey

La Chine nous menace-t-elle?– Jacques Pilet

La Chine, ou l’art de la répression tranquille – Amèle Debey

 

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Comment la Chine est devenue le nouveau leader technologique du monde

ÉconomieArticle

Comment la Chine est devenue le nouveau leader technologique du monde

A Pékin, des robots humanoïdes exécutent des chorégraphies martiales avec une précision saisissante. Derrière le spectacle du Nouvel An chinois, une réalité s’impose: en deux décennies, la Chine s’est hissée au sommet de la hiérarchie technologique mondiale. Recherche scientifique, intelligence artificielle, transition énergétique, spatial… L’Empire du Milieu ne se contente plus de rattraper l’Occident, il redéfinit les équilibres.

Hicheme Lehmici

Des géants de la tech donnent désormais la priorité à la quête de sens

Sciences et technologiesArticle

Des géants de la tech donnent désormais la priorité à la quête de sens

A contre-courant des discours focalisés sur la seule performance technologique, certains dirigeants de la Silicon Valley appellent désormais à rééquilibrer l’innovation vers ce qui donne sens à son usage. A mesure que l’intelligence artificielle transforme le travail et les compétences, la valeur se déplacerait vers des qualités longtemps associées aux humanités: jugement, communication, interprétation. Entre mutation économique et redéfinition des priorités éducatives, ce repositionnement esquisse les contours d’un débat qui dépasse largement le seul secteur de la tech.

Igor Balanovski

Sommes-nous entrés dans une nouvelle ère politique?

CultureCourrier des lecteurs

Sommes-nous entrés dans une nouvelle ère politique?

Après son roman très remarqué «Le Mage du Kremlin», Giuliano da Empoli nous livre, dans cet «essai littéraire», une analyse aussi incisive que mémorable de la scène politique internationale. Compte rendu de rencontres entre puissants auxquelles il a assisté à différents titres, mise en garde contre l’insouciance avec laquelle nous accueillons les nouvelles technologies et réquisitoire contre l’inconscience de certains décideurs éblouis par les promesses des «conquistadores technologiques», l’ouvrage est imprégné d’humour et de cynisme.

Renato Weber