Réservé aux abonnés

Alice Guy, pionnière lumineuse de la camera oscura

Véronique Emmenegger

Par Véronique Emmenegger · Publié le 12 septembre 2019 · 6 min de lecture

Alice Guy, pionnière lumineuse de la camera oscura
Jusqu'à Hollywood, Alice Guy-Blaché fait office de «Mère du cinéma». - © DR

Première femme cinéaste, Alice Guy-Blaché a réalisé des dizaines de courts-métrages, aussi poétiques qu’humoristiques. Artiste engagée, féministe en milieu moustachu, elle a bourlingué du Chili à la France, sans oublier les Etats-Unis. Interview imaginaire inspirée de son «Autobiographie d’une pionnière du cinéma».

Sommaire

BPLT: Vous êtes la première femme cinéaste au monde et l’êtes restée durant dix-sept ans, comment avez-vous réussi à vous imposer?

A. G-B: Le XIXe siècle était très sexiste mais j’ai fait ma place dans ce milieu moustachu! L’adversité ne m’a jamais affolée. J’ai passé mon enfance ballottée entre le Chili et La France entre un père libraire et une mère active dans les œuvres caritatives. Lorsque mon père est décédé, j’ai eu ma mère à charge et j’ai pris des cours de sténographie pour m’en sortir.

Quel a été votre premier job?

En mars 1895, une place de sténographe s’est libérée au Comptoir Général de Photographie dont le fondé de pouvoir était Léon Gaumont, un ami des frères Lumière. Malgré mon très jeune âge, 22 ans, j’ai été engagée en tant que secrétaire de Léon Gaumont, un homme formidable. Il m’a fait une confiance absolue en me donnant, cinquante ans avant le droit de vote des femmes, un poste à responsabilités.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Quand notre culture revendique le «populaire de qualité»

CultureArticle

Quand notre culture revendique le «populaire de qualité»

Du club FipFop aux mémorables albums à vignettes des firmes chocolatières NPCK, ou à ceux des éditions Silva, en passant par les pages culturelles des hebdos de la grande distribution, une forme de culture assez typiquement suisse a marqué la deuxième décennie du XXe siècle et jusque dans la relance du festival de Locarno... Et maintenant, entre clics et «likes»?

Jean-Louis Kuffer

Comment l’Inde a transformé le monde

CultureArticle

Comment l’Inde a transformé le monde

«La Route de l’Or», de William Dalrymple, qui vient de paraître aux Editions Noir sur Blanc, raconte la période durant laquelle l’Inde ancienne a étendu son empire intellectuel et économique, tant à l’Est qu’à l’Ouest. Et comment celui-ci a décliné, en partie parce que les Indiens ont donné aux Européens la science des mathématiques.

Patrick Morier-Genoud

«Le rire n’a jamais été totalement libre»

CultureArticle

«Le rire n’a jamais été totalement libre»

Le rire occupe une place paradoxale dans les sociétés humaines. Il est à la fois profondément ancré dans notre nature et régulièrement surveillé et cadré. Voilà la retranscription d’un extrait de l’entretien que Rémy Watremez a accordé à «Antithèse». S’appuyant notamment sur les analyses d’Henri Bergson, abordant les polémiques autour de Blanche Gardin ou Dieudonné, il explore ce que le rire révèle de notre humanité, et aussi les tensions qu’il suscite aujourd’hui dans l’espace public.

Rémy Watremez

Echange de lettres avec Brigitte Bardot

CultureArticle

Echange de lettres avec Brigitte Bardot

A l’été 2009, la star disparue fin décembre répondait par écrit à une invitation du festival de philosophie que j’organisais à Saint-Maurice sur le thème de l’homme et l’animal. Ces courriers manuscrits, publiés pour la première fois, révèlent la cohérence intime d’un choix de vie radical et souvent incompris, ainsi qu’un geste de profonde humanité.

Guy Mettan