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Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 10 mars 2023 · 1 min de lecture

1 et 1 font 2

«Sauver la différence des sexes», Eugénie Bastié, Editions Gallimard, «Tracts», 32 pages.

La publication d’Eugénie Bastié dans la désormais célèbre collection «Tracts» de Gallimard fait déjà jaser. Journaliste au Figaro, intervenante régulière des débats de CNews, cette trentenaire jeune mère de famille s’illustre par ses positions opposées au féminisme et par ses opinions franchement droitières. On peut lui reconnaître le courage de tenir sa ligne. Après Adieu Mademoiselle (Le Cerf, 2016), elle poursuit dans ce petit texte plutôt percutant sa critique de la déconstruction du genre. Ses bêtes noires? Judith Butler, les partisans de la théorie du genre, les féministes radicales. L’idée ici est d’insister sur la différence des sexes, des deux seuls sexes existants ajoute-t-elle, qui relève d’une sorte miracle phénoménologique assez mystérieux, et précieux pour cela, aussi évident que 2 et 2 font 4. Elle s’appuie sur Françoise Héritier, sur René Girard, pour réaffirmer que oui, la différence existe, et qu’elle est une richesse à défendre, nécessaire à l’ordre social. Pourquoi sauver cette différence? Car elle préserve en l’occurrence la société du mal-être féminin, du malaise masculin et donc de la guerre des sexes. S’affranchissant de tout écueil essentialiste, Eugénie Bastié plaide pour un «esprit de finesse» pascalien, en somme, pour un retour à la subtilité, à l’ineffable, face au bulldozer catégorisant du wokisme.

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